Les difficultés d’apprentissage sont un motif de consultation de plus en plus fréquent en médecine générale. Si la plupart de ces difficultés peuvent être expliquées par un stress de performance ou un simple retard des acquisitions scolaires, d’autres relèvent de troubles neurocognitifs spécifiques et structurels interférant significativement avec les performances scolaires : les fameux « troubles dys », aujourd’hui intégrés aux atteintes du neurodéve- loppement. Plus complexes dans leurs mécanismes et leurs modalités d’expression clinique, leur évaluation rigoureuse impose une consultation dédiée de médecine générale ; et ce d’autant plus qu’ils résistent à plus de 3 mois d’interventions pédagogiques adaptées.

De quoi parle-t-on ?

Le terme de « troubles dys » recouvre l’ensemble des atteintes neurocognitives affectant les apprentissages de façon durable et sévère, à l’exclusion des troubles secondaires liés à une déficience intellectuelle (QIT < 70), à un déficit sensoriel (auditif et/ou visuel) ou encore à une carence éducative.
Il s’agit donc des troubles de développement du langage oral (dysphasie), d’acquisition du langage écrit (dyslexie- dysorthographie), du raisonnement logico-mathématique (dyscalculie), des acquisitions motrices (dyspraxies) et de l’attention (trouble déficitaire d’attention avec ou sans hyperactivité, TDAH).
Selon leurs définitions et la classification nosographique utilisée, leur prévalence peut varier. On considère cependant qu’ils touchent entre 8 et 10 % des sujets d’âge scolaire. Ils sont 3 à 4 fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles, avec un fort taux d’héritabilité retrouvé dans les antécédents familiaux.

Signes d’alerte : quand s’inquiéter

Avant 6 ans, les plaintes concernent le plus souvent le langage oral (difficultés d’expression et/ou de compréhension) ou la motricité fine (altération des coordinations manuelles fines gênant le graphisme, le découpage, le collage, les puzzles et les dessins).
Après 6 ans, les alertes portent en général sur des problèmes d’accès au langage écrit, avec une lecture lente et laborieuse, émaillée de nombreuses fautes, affectant de fait la compréhension du texte lu. Mais elles peuvent aussi concerner la motricité fine et le graphisme ou les acquisitions des structures logico-mathématiques (calcul mental, sens des opérations, dénombrement, évaluation des quantités.).
À ces difficultés électives s’ajoutent parfois des doléances concernant l’attention et la concentration (distractibilité importante : « n’écoute pas », est « dans la lune… », oublis fréquents, difficultés de mémorisation). Dans tous les cas,...

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