Pendant longtemps, la diarrhée chronique se définissait chez un sujet soumis à une alimentation de type occidental, par un débit fécal supérieur à 200 g/j. L’OMS a choisi une définition plus pratique : « émission de plus de 3 selles /j et/ou liquides ». Les diarrhées chroniques (plus de 4 semaines) ne partagent pas les mêmes causes que les aiguës. Elles sont nombreuses et parfois intriquées (encadré 1).
Un généraliste suivant 1 700 patients pourrait en recevoir entre 50 et 85 par an pour ce motif en consultation.

Première étape : indispensable

Une analyse sémiologique précise (aspect des selles, notamment à l’interrogatoire), des signes associés, du contexte (mode d’installation, ancienneté…) et quelques examens simples fournissent dans la majorité des cas le diagnostic étiologique.
Les caractéristiques orientant vers une cause organique sont :
– une durée inférieure à 3 mois ;
– le caractère continu ;
– des évacuations nocturnes ;
– du sang dans les selles ;
– la perte de poids.
L’absence de ces signes d’alerte et la positivité des critères de Rome IV (qui définissent l’intestin irritable) chez un sujet jeune dont l’examen clinique est normal orientent fortement vers un trouble fonctionnel intestinal.
Faire préciser le contexte est important : antécédents familiaux de néoplasie, de maladie inflammatoire digestive ou de maladie cœliaque ; antécédents personnels chirurgicaux : résections de grêle et du côlon, chirurgie bariatrique et cholécystectomie. Pancréatite chronique, sclérodermie, hyperthyroïdie, diabète. Consommation excessive d’alcool. Voyage récent dans une zone à risque… symptômes identiques dans l’entourage (encadré 2).1
À l’examen, le poids est quantifié et la perte de...

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