Acariens macroscopiques avec un aspect globuleux et 4 paires de pattes chez l’adulte et la nymphe (les larves n’ont que 3 paires).
Strictement hématophages.
Regroupées en 2 grandes familles :
– tiques dures ou Ixodidae (environ 700 espèces) ;
– molles ou Argasidae (environ 200 espèces).1
Réparties dans le monde entier, elles occupent tous les biotopes.
Peuvent transmettre des bactéries (Borrelia, Anaplasma, Rickettsia...), des parasites (Babesia et Theileria) et des virus (fièvre de Crimée-Congo, encéphalite à tiques...).
Dans l’hémisphère Nord, les tiques affectent surtout l’homme : borréliose de Lyme, encéphalite à tiques, babésiose...
Dans l’hémisphère Sud, elles touchent surtout les animaux (Rhipicephalus microplus et Amblyomma variegatum), mais l’homme peut aussi contracter rickettsiose et fièvres récurrentes à Borrelia.
Les maladies à tiques sont avant tout des zoonoses pour lesquelles l’homme est un hôte accidentel.

Situation en France métropolitaine

Environ 40 espèces, avec 6 genres principaux : Ixodes,Dermacentor, Rhipicephalus, Haemaphysalis, Hyalomma et Argas.
Tiques molles (surtout Argas reflexus ou tique du pigeon) :
– piquent le plus souvent la nuit et durant quelques minutes seulement ;
– les pigeons parasités peuvent infester les étages supérieurs des habitats anciens ;
– ne transmettent pas d’agents infectieux à l’homme mais peuvent provoquer un choc anaphylactique dû à la sensibilisation à la salive de la tique.
Tiques dures :
– les plus incriminées dans les piqûres humaines ; sévissent le jour ; font de longs repas sanguins : de 3 à 10 jours !
– les genres Ixodes et Dermacentor sont retrouvés sur tout le territoire français métropolitain et Rhipicephalus de façon plus éparse (https://bit.ly/2ZBwmrk) ; absents en général au-dessus de 1 500 mètres d’altitude.
En nette recrudescence dans l’environnement depuis le siècle dernier. En cause, l’anthropisation des milieux : modifications climatiques, changements des pratiques de culture forestière, prolifération du gibier et notamment des cervidés (hôtes privilégiés des tiques femelles adultes), perturbation migratoire des oiseaux...2, 3
En 2016, un quart de la population métropolitaine a déclaré avoir été piqué par une tique au cours de sa vie.

Quels pathogènes ?

Ils varient en fonction du genre de tique (tableau).
Ixodes :
– responsables de la plupart des piqûres en France car hébergées par une grande variété d’hôtes (lézards, rongeurs, oiseaux, cervidés notamment) ;
– toute personne peut y être exposée lors d’activités dans la nature (forêt, campagne) mais aussi dans les parcs urbains et les jardins privatifs où la végétation est abondante (forêt de conifères et de feuillus, litière de feuilles, herbes hautes) ;
– transmettent surtout la borréliose de Lyme, l’anaplasmose (infection bactérienne due à Anaplasma phagocytophilum) et le virus de l’encéphalite à tiques.
Dermacentor (stade adulte) :
– retrouvée également sur la végétation car nymphes et larves vivent dans les terriers des animaux ;
– responsable surtout de rickettsioses à R. raoulti ou R. slovaca.
Rhipicephalus :
– endophile, se rencontre dans les niches et les chenils, car inféodée aux chiens habituellement, dans les murs extérieurs voire à l’intérieur des habitations ;
– peut transmettre R. conorii, responsable de la fièvre boutonneuse méditerranéenne.

Quelle prévention ?

Au niveau individuel : port de vêtements couvrants puis examen corporel minutieux au retour de la promenade.
En cas de piqûre, extrait rapide de la tique : les bactéries et les parasites sont transmis dans un délai de 12-24 heures (mais les virus le sont immédiatement).
Informer les personnes et utiliser des mesures simples environnementales : couper l’herbe autour des habitations, implanter des barrières efficaces pour maintenir le grand gibier à distance, supprimer tas de branches et bois mort pour limiter les populations de rongeurs.
Aucun vaccin n’est disponible, excepté pour le virus de l’encéphalite à tique.

Essentiel
L’essentiel

Ixodes ricinus est la tique la plus ubiquitaire en France. Elle est vectrice de la borréliose de Lyme, l’anaplasmose et l’encéphalite à tique.

C’est sa stase nymphale, la plus abondante passant facilement inaperçue, qui est responsable de la plupart des piqûres chez l’homme.

La prévention repose sur le port de vêtements couvrants et en cas de piqûre sur l’extraction rapide de la tique.

Références

1. Boulanger N, Boyer P, Talagrand-Reboul E, Hansmann Y. Ticks and tick-borne diseases. Med Mal Infect 2019;49:87-97.
2. Gray JS, Dautel H, Estrada-Peña A, Kahl O, Lindgren E. Effects of climate change on ticks and tick-borne diseases in europe. Interdiscip Perspect Infect Dis 2009:593232.
3. Kilpatrick A, Randolph S. Drivers, dynamics, and control of emerging vector- borne zoonotic diseases. Lancet 2012;380:1946-55.
4. Boulanger N, Lipsker D. Protection contre les pirûres de tiques. Ann Dermatol Venereol 2015;142:245-51.

Sur le même thème