Un homme de 68 ans consulte pour plusieurs lésions kystiques et comédoniennes situées au niveau des deux paupières supérieures et inférieures et du nez, ainsi que quelques comédons au niveau des joues, évoluant depuis cinq ans. Le patient est tabagique chronique, à raison de 53 paquets-années, et s’expose au soleil de manière prolongée sans protection adaptée. 
L’examen clinique met en évidence une peau atrophique, jaunâtre, avec des rides profondes et des sillons marqués, prédominant sur les régions zygomatiques et périorbitaires (fig. 1). Le tableau clinique évoque le diagnostic d'une élastoïdose de Favre et Racouchot. La dermoscopie révèle de nombreuses zones circulaires homogènes de couleur brun clair à foncé, parfois noires, en fonction de l’ouverture des comédons, avec des bouchons de kératine situés en surface, ainsi que de multiples petites zones circulaires homogènes, de couleur brun jaunâtre, entourant les bouchons de kératine (comédons fermés) [fig. 2]. Étant donné le caractère non invasif des lésions, le patient a négligé leur prise en charge et ne souhaite pas entamer un traitement. 

L’élastoïdose à kystes et comédons de Favre et Racouchot est une dermatose chronique caractérisée par des lésions comédoniennes et kystiques prédominant sur les zones photo-exposées du visage.1 Elle a été décrite pour la première fois par Favre en 1932 sous l’appellation d’élastoïdose nodulaire à kystes et comédons.2 Elle s’inscrit parmi les manifestations de l’héliodermie affectant le visage et le cou, principalement observée chez les hommes âgés. 

Au stade initial, elle se caractérise par l’apparition de plaques jaunâtres épaissies accompagnées d’une dilatation des orifices pilosébacés et de comédons, conférant un aspect trompeur d’acné.

Les lésions sont par la suite symétriques, prédominent au niveau des régions périorbitaires et temporomalaires mais peuvent également concerner le nez, le cou et les zones rétro-auriculaires, plus rarement d’autres régions fortement exposées au soleil. Avec le temps, l’élastose progresse vers des nodules contenant de nombreux comédons regroupés et des kystes kératiniques.3,4 

D’un point de vue histologique, une dégénérescence basophile du collagène est observée, accompagnée d’une accumulation de matériel amorphe riche en élastine et d’un infiltrat inflammatoire mixte. Une hypertrophie des acro-infundibulums et de certains lobules sébacés est également mise en évidence, contribuant aux lésions microkystiques et comédoniennes caractéristiques de cette pathologie.

Le traitement, d’ordre surtout esthétique, repose sur diverses approches, souvent combinées pour limiter la récidive, incluant l’application de rétinoïdes topiques, l’isotrétinoïne, le curetage, l’extraction des comédons, la dermabrasion, l’excision chirurgicale, voire l’utilisation du laser CO2.5  

Références  
1. Bourra H, Hassam B. Élastoïdose à kystes et comédons de Favre et Racouchot. Pan Afr Med J 2013;15:8.
2. Favre M, Racouchot J. Nodular cutaneous elasteidosis with cysts and comedones. Ann Dermatol Syphiligr (Paris) 1951;78:681-702.
3. Patterson WM, Fox MD, Schwartz RA. Favre-Racouchot disease. Int J Dermatol 2004;43:167-9.
4. Sonthalia S, Arora R, Chhabra N, et al. Favre-Racouchot syndrome. Indian Dermatol Online J 2014;5:128-9.
5. Mavilia L, Campolmi P, Santoro G, et al. Combined treatment of Favre-Racouchot syndrome with a superpulsed carbon dioxide laser: Report of 50 cases. Dermatol Ther 2010;23 Suppl 1:S4-6.

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