Cannabis et cocaïne sont les plus consommés. L’usage de l’héroïne est stable, tandis que le mésusage des médicaments opioïdes est encore limité et que celui des benzodiazépines diminue. Mais d’autres et redoutables drogues récréatives sont apparues dont la consommation est plus difficile à cerner.

Les usages de produits psychotropes évoluent dans le temps et en fonction des lois, des modes et des mythes qui traversent les sociétés.1 Les substances illicites ont une qualification juridique, et non pas pharmacologique ou médicale. Nous présenterons ici celles dont l’usage est le plus prévalent en France.

Cannabis

Le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée par les Français.2, 3 Parmi les adolescents, l’expérimentation connaît pour la première fois une décrue, mais la prévalence de l’usage régulier augmente.4 Ces chiffres placent la France parmi les pays de tête en Europe.5 Dans une étude récente réalisée dans un cabinet de médecine générale situé à Paris, 21 % des consultants se déclaraient usagers actuels.6
Les complications psychiatriques de la consommation de cannabis sont la dépendance, les symptômes dépressifs, anxieux ou psychotiques, en particulier l’aggravation des symptômes de schizophrénie, le syndrome amotivationnel.1 Les adolescents sont particulièrement exposés à ces complications, car ils sont à un âge carrefour de leur développement.
Concernant les complications médicales non psychiatriques, le cannabis n’est pas à l’origine de décès par surdose, mais peut être impliqué dans la survenue d’événements ­cardiovasculaires aigus du fait de ses propriétés prothrombotiques. La consommation chronique expose également aux complications de l’inhalation de produits de combustion : cancers des poumons et voies aérodigestives supérieures, insuffisance respiratoire, maladies cardiovas­culaires et thrombotiques.1 Par ailleurs, on peut signaler le tableau spécifique du syndrome d’hyper­émèse cannabique. Ce syndrome rare (environ 10/100 000 passages aux urgences aux États-Unis) est en augmentation constante depuis la légalisation. Il s’agit de vomis­sements incoercibles, de douleurs abdominales, soulagés par des douches chaudes.7 Enfin, en conjugaison avec l’alcool, l’usage de cannabis expose aux accidents de la route.2 La prescription du cannabis thérapeutique devrait prochainement s’ouvrir, dans des indications précises et sous des modalités qui devraient limiter...

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