Toute jeune femme épileptique en âge de procréer doit être interrogée sur un éventuel projet de grossesse. En cas de désir avéré, les maîtres mots sont programmation et information, avec si possible orientation du couple vers une consultation préconceptionnelle spécifique aux patientes épileptiques ou au minimum vers un neurologue.
La programmation permet :
–d’adapter le traitement antiépileptique : arrêt si l’épilepsie le permet (bon équilibre depuis plusieurs années, absence de facteur de risque avéré de récidive, syndrome épileptique non pharmacodépendant) ou à défaut : stopper les médicaments à potentiel tératogène, réduire le nombre et la posologie, fractionner les prises ;

– de débuter la prescription préconceptionnelle de folates à bonne dose (5 mg/j) : en effet, cela réduit le risque de traits autistiques et/ou leur sévérité chez les enfants nés de mères épileptiques supplémentées avant et pendant leurs 3 premiers mois de grossesse.

Dépakine : à proscrire

Le valproate de sodium (Dépakine) a le plus fort potentiel tératogène en monothérapie et en polythérapie (risque tératogène multiplié par 2 à 6 selon les registres de grossesse). Ce risque est dose-dépendant, passant de 5-6 % à 750 mg/j à 25 % au-delà de 1 500 mg/j.2

Par ailleurs, il peut fragiliser le développement cognitif, qui est retardé avec un QI diminué de 9 points chez les enfants concernés par rapport à ceux exposés à la lamotrigine, avec là encore un effet probablement dose-dépendant (retard plus marqué pour les plus hautes posologies de valproate pendant la grossesse) et qui persiste chez les enfants en âge scolaire.
En outre, un...

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