L’exercice physique régulier est un pilier de la prévention cardiométabolique mais son efficacité pourrait dépendre du moment de la journée et du chronotype des individus, selon une étude récente parue dans Open Heart.

Cette étude randomisée contrôlée, menée au Pakistan entre janvier et juin 2025, a évalué si le fait de faire coïncider le rythme circadien (« chronotype ») d’adultes sédentaires à risque avec le moment de la journée pendant lequel ils exercent une activité physique pouvait améliorer les bénéfices cardiométaboliques et liés au sommeil. Les participants inclus (N = 150 ; âge moyen de 48,6 ± 8,1 ans) présentaient au moins un facteur de risque CV tel que l’HTA (préhypertension ou hypertension de stade 1, définie par une PA systolique entre 120 et 139 mmHg ou diastolique entre 80 et 89 mmHg), le surpoids/l’obésité (IMC ≥ 25 kg/m²), l’intolérance au glucose à jeun (glycémie entre 5,6 et 6,9 mmol/L) ou des antécédents familiaux de maladie CV précoce.

Les participants éligibles ont été classés en deux groupes selon leur chronotype : matinal (score au Morningness-Eveningness Questionnaire [MEQ] ≥ 59) ou vespéral (score ≤ 41). Les scores intermédiaires (42 - 58) ont été exclus pour assurer une séparation nette des chronotypes. Parmi les 134 participants (41,8 % de femmes) ayant complété l’étude, 52,2 % étaient de type matinal et 47,8 % de type vespéral. Ils ont ensuite été randomisés en deux groupes stratifiés par chronotype et niveau de risque CV : exercice physique synchronisé avec le chronotype (N = 64) ou non synchronisé (N = 70).

Le protocole d’intervention, d’une durée de 12 semaines, consistait en un entraînement aérobique modéré (5 séances par semaine de 40 minutes, incluant 5 minutes d’échauffement, 30 minutes à 60 - 70 % de la fréquence cardiaque maximale théorique et 5 minutes de retour au calme), supervisé en milieu hospitalier, avec des séances programmées entre 8 h- 11 h ou 18 h- 21 h.

Les résultats, publiés en avril 20261, montrent que le groupe synchronisé sur le chronotype a obtenu des améliorations significativement plus marquées pour tous les critères évalués. La PAS a diminué de 10,8 mmHg (de 135,0 ± 95 à 124,2 ± 8,2 mmHg ; p = 0,002) dans ce groupe contre 5,5 mmHg (de 134,6 ± 9,1 à 129,1 ± 8,9 mmHg ; p = 0,031) dans le groupe non synchronisé avec le chronotype, avec une différence intergroupe de 5,3 mmHg. Les améliorations portaient également sur la pression artérielle diastolique (- 7,3 mmHgvs - 3,3 mmHg), la variabilité du rythme cardiaque (+ 12,7 ms vs+ 5,8 ms), la consommation maximale d’oxygène estimée (« VO₂ peak ») (+ 4,4 mL/kg/min vs + 2,3 mL/kg/min), le cholestérol (LDL) (- 13,7 mg/dL vs - 7,6 mg/dL), la glycémie à jeun (- 6,6 mg/dL vs - 3,2 mg/dL) et la qualité du sommeil évaluée par le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI) (- 3,4 points vs - 1,2 point). Les analyses par sous-groupes ont confirmé ces bénéfices chez les hommes, les femmes, les hypertendus, les normotendus, ainsi que chez les chronotypes matinaux et vespéraux, avec des valeurs de p ≤ 0,004. De plus, l’adhésion à l’intervention était significativement meilleure dans le groupe synchronisé sur le chronotype.

Cette étude suggère que l’alignement du moment de l’activité physique avec le chronotype du patient constitue une approche personnalisée, potentiellement efficace pour optimiser les bénéfices cardiométaboliques et liés au sommeil. Les résultats confirment que l’horaire de la séance est un paramètre clé à intégrer dans les prescriptions d’activité physique, suggérant un impact significatif en prévention CV, notamment chez les patients hypertendus.

Il faut toutefois souligner que l’intervention n’a duré que 12 semaines, ne permettant pas d’évaluer les effets à long terme, et que le double aveugle n’a pas pu être appliqué en raison de la nature visible de l’intervention.

Référence
1. Tariq A, Harris Khalid M, Ammar M. Chronotype-aligned exercise timing in middle-aged adults at cardiometabolic risk: A randomised controlled trial. Open Heart 2026;13(1):e003573.

Une question, un commentaire ?