Les exercices isométriques (contractions musculaires statiques comme la planche, ou la chaise contre un mur, etc.) ont de nombreux avantages : ils sont réalisables chez soi sans matériel, n’abîment pas les articulations et s’intègrent facilement au quotidien.
Ce renforcement musculaire statique pourrait notamment contribuer à baisser la PA, mais à quelle fréquence et avec quelle régularité ces exercices doivent-ils être faits ? Un essai contrôlé randomisé, paru dans BMJ Open Sport & Exercise Medicine, apporte des éléments de réponse.
45 femmes et 55 hommes (âgés de 18 à 65 ans) avec une pression artérielle systolique (PAS) comprise entre 120 et 140 mmHg et une activité physique en dessous des recommandations, ont été répartis en 5 groupes avec quatre fréquences d’entraînement différentes (3 x/sem ; 2 x/sem ; 1 x/sem ; 0 x/sem), en plus du groupe contrôle. Le suivi a été réalisé sur 8 semaines ; les 4 premières semaines, les participants de tous les groupes (hors contrôle) devaient faire 3 séances hebdomadaires (4 x 2 minutes d’accroupissement contre le mur avec deux minutes de repos assis). Les 4 semaines suivantes, ils suivaient l’entraînement auquel ils étaient assignés.
Baisse de la pression artérielle
Les auteurs ont observé une baisse de la PA à la suite des 4 premières semaines pour tous les groupes (sauf contrôle). En revanche, la diminution de la fréquence d’entraînement n’a pas permis de maintenir la baisse de la PAD par rapport au groupe contrôle. Pour la PAS, le groupe 3 x/sem a continué de voir sa valeur diminuer (- 13,73 mmHg par rapport à la première mesure, avant intervention) ; les groupes 2 x/sem et 1 x/sem ont aussi maintenu une réduction par rapport aux valeurs initiales, mais les écarts étaient moindres (- 6,95 mmHg pour 2 x/sem et - 6,56 mmHg pour 1 x/sem). La faible différence entre ces deux groupes suggère qu’un engagement minimal d’une séance/semaine est correct et que deux séances hebdomadaires n’apportent pas de bénéfices supplémentaires.
Trois séances hebdomadaires
Mais alors, pourquoi 3 x/sem semble être une fréquence optimale pour maintenir la diminution de la PA ? Les chercheurs ont regardé différents paramètres à l’aide d’un dispositif associant un électrocardiogramme, une mesure continue de la PA et une cardiographie par impédance.
Résultat : à 8 semaines, dans le groupe 3 x/sem, les auteurs ont observé une diminution des résistances vasculaires systémiques et du ratio basse/haute fréquences de la variabilité de la fréquence cardiaque (de 3,11 ± 2,48 à 1,61 ± 1,63) ainsi qu’une augmentation de la sensibilité du baroréflexe (de 11,84 ± 5.57 à 21.39 ± 11.42). Ces améliorations ont été moindres pour 2 x/sem et absentes pour 1 x/sem et 0 x/sem. Les chercheurs ont trouvé plusieurs corrélations entre la diminution de la PA et l’évolution de ces paramètres, sans qu’aucun ne puisse expliquer à lui seul les changements de la PA. Ces résultats suggèrent le rôle critique de la fréquence d’entraînement pour permettre une adaptation cardiovasculaire et expliquer la diminution de la PA.