L’intervention des équipes mobiles de soins palliatifs, le plus souvent sollicitée par le médecin traitant, est essentielle pour accompagner et soutenir les professionnels et les patients. Anticipation, coopération et coordination sont les clés du succès.
Dans une société marquée par l’immédiateté et le tabou persistant de la mort, les soins palliatifs prônent depuis plus de 30 ans une prise en charge globale du sujet atteint d’une maladie grave et évolutive, potentiellement mortelle, en association avec les traitements plus spécifiques des pathologies en cause.
Lors des 50 dernières années, et à juste titre, recherche scientifique et développement clinique se sont focalisés en priorité sur l’organe malade, ses lésions ou sa défaillance, et d’incontestables progrès ont été faits dans la lutte contre les maladies, entraînant un gain d’espérance de vie majeur.
L’approche palliative – par son attention, sa vigilance et ses compétences plus spécifiques dans le champ de l’antalgie, la gestion de la souffrance psychique et des différents symptômes associés à ces parcours de soins difficiles – remet la personne au centre de la prise en charge.
Seul le repérage précoce de ces situations permet d’anticiper au mieux les difficultés que risquent de rencontrer la personne âgée, ses proches et les équipes de soins impliquées. Chaque cas est singulier et doit faire l’objet d’une analyse fine.
Il s’agit d’identifier les limites de sa propre action et donc de solliciter l’intervention de professionnels plus compétents, de prévenir l’acharnement thérapeutique, de penser à recueillir les grandes lignes des directives anticipées des patients lorsqu’une opportunité se présente, de se réunir de façon collégiale pour prendre des décisions dans des situations complexes, de renforcer l’accessibilité à une expertise de soins palliatifs et ainsi de contribuer à assurer continuité et coordination de la prise en charge aux personnes vulnérables confrontées à une maladie grave ou à la simple vieillesse et à la douleur du « partir ».
Mais qui est prêt à parler de sa mort ? Même lorsqu’elle paraît inéluctable, la tentation du déni est forte et largement partagée ! Comment nommer ces lieux qui accueillent nos aînés, nos parents, nos grands-parents, nos anciens, nos vieillards, nos mourants ? Antichambre de la mort ou crépuscule de la vie ?
Les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), successeurs des hospices de vieux, des maisons de retraites des unités de long séjour, sont un recours indispensable quand le maintien au domicile devient difficile, voire dangereux. Aujourd’hui en crise, ces lieux, qui paraissent tous différents les uns des autres, ont pourtant le même mode de financement et recrutent des patients aux profils comparables. Toutefois, leurs pratiques et leurs modes d’organisation diffèrent parfois fortement, ce qui incite malheureusement à penser que, dans ce registre de prise en charge, l’équité n’est pas toujours là… (encadré 1).
L’arrivée dans un EHPAD marque assez lourdement le passage vers la dernière tranche de vie (encadré 2). Entrer en institution est parfois une démarche volontaire, mais elle est trop souvent subie et réalisée dans l’urgence en raison d’une autonomie brutalement réduite. Un véritable deuil à assumer, le constat d’une vulnérabilité accrue et handicapante. On quitte sa maison, son quartier, ses amis, on perd ses habitudes et souvent ses responsabilités. Les personnes vont devoir recréer un chez-elles dans un espace communautaire, avec ses contraintes administratives, ses règles et en compagnie d’autres individus, qui peuvent avoir des pathologies bien différentes. Les soignants des EHPAD doivent être conscients de la véritable rupture que les résidents de leurs établissements ressentent par rapport à leur vie antérieure.
Après acceptation, la personne est accueillie par une équipe multidisciplinaire (médecins, ergothérapeutes, infirmières, psychologues, aides-soignantes, auxiliaires de vie, etc.) et est suivie par son médecin traitant, extérieur à l’établissement. Le médecin coordonnateur assure la qualité de la prise en charge globale des résidents grâce à ses compétences gérontologiques (encadré 3).

Qu’est-ce qu’une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) ?

La première EMSP a été créée en 1989 à l’Hôtel-Dieu de Paris par le Dr Jean-Michel Lassaunière. L’objectif était de mettre à disposition de l’ensemble des services hospitaliers une équipe experte dans l’accompagnement des patients en fin de vie et dans les traitements des symptômes comme douleur, souffrance et inconfort.
Depuis, de très nombreuses équipes ont vu le jour sur l’ensemble du territoire. Elles sont aujourd’hui plus de 450… Implantées dans un établissement de santé, leur champ d’action s’étend maintenant à la médecine ambulatoire,...

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