L’objectif, précise le CMG, n’est pas « d’ajouter des injonctions à des organisations déjà fortement sollicitées », mais de partager des repères opérationnels.
Le Collège met en avant cinq recommandations pratiques :
Repérer les patients les plus vulnérables : personnes âgées isolées, patients polypathologiques ou polymédiqués, nourrissons, personnes en situation de précarité ou vivant dans un logement difficile à rafraîchir. Rappeler les signes d’alerte : altération de l’état général, confusion, malaise, fièvre élevée, crampes importantes, somnolence inhabituelle, absence d’hydratation suffisante ou diminution marquée des urines.
Aller vers, de façon ciblée, en utilisant les relais déjà en place : signalement par les IDE de situations à risque, mobilisation d’un aidant, avis téléphonique, visite ou orientation rapide si signes d’alerte.
Réévaluer les traitements à risque susceptibles d’aggraver les conséquences de la chaleur ou de la déshydratation, surtout chez les personnes fragiles : diurétiques, laxatifs, antihypertenseurs, neuroleptiques et autres psychotropes, traitements anticholinergiques, certains antiépileptiques ou antidiabétiques, ainsi que les AINS, l’aspirine à dose anti-inflammatoire (> 500 mg/j) et les coxibs. Le référentiel de l’ANSM peut servir de support. Attention aussi à la conservation des médicaments et dispositifs sensibles à la chaleur (insulines, lecteurs et bandelettes glycémiques).
Au niveau de l’organisation : préserver quelques créneaux de réponse rapide et adapter certains rendez-vous programmés si possible (appel ou téléconsultation).
Pour les patients suivis à domicile ou en EHPAD, les échanges avec les IDE, les SSIAD, les services d’aide à domicile et les équipes des établissements peuvent aider à repérer rapidement les situations à risque et à vérifier que les mesures d’hydratation sont effectives.
Recos pour prévenir l’hyponatrémie.
Ne pas s’hydrater par excès avec de l’eau seule (ceci est à la fois inutile et potentiellement dangereux) car d’autres aliments apportent aussi de l’eau.
Ne pas dépasser un apport de 1,5 litres d’eau par jour en plus d’aliments déjà riches en eau.
Accompagner absolument la prise de boissons d’une alimentation variée, en fractionnant si besoin les repas, pour maintenir un apport de sel suffisant pour l’organisme (pain, soupes...).
Mouiller régulièrement la peau et la ventiler.
Éviter les sorties à l’extérieur aux heures les plus chaudes.
Systématiquement faire réévaluer par le médecin les régimes (hyposodés) et traitements en cours (en particulier les diurétiques) pour juger de la pertinence du maintien ou de l’ajustement des doses au moment des grandes chaleurs.