Les risques en salle de naissance sont multiples pour la mère et l’enfant. Leur réduction passe par des stratégies préventives, reposant en particulier sur l’analyse précise de toutes les complications et de leurs origines.
La salle de naissance est un environnement complexe, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il ne s’agit pas de prendre en charge un mais deux (voire trois ou quatre) patients, puisqu’il s’agit d’une mère et de son ou ses enfants. De plus, le nombre de soignants intervenant en salle de naissance est multiple pour la mère (sage-femme, obstétricien, anesthésiste, parfois infirmières selon l’organisation des soins) et pour l’enfant (sage-femme, auxiliaire, infirmière, pédiatre). Ces multiples intervenants doivent communiquer et collaborer au mieux autour de leurs patients. De nombreux actes techniques y sont réalisés, chacun d’eux pouvant être source d’erreur, et donc de risque potentiel. Enfin, en salle de naissance coexistent des situations à haut risque obstétrical (naissance prématurée, grossesse multiple…) et des situations dites à faible risque obstétrical mais qui, à n’importe quel moment durant le travail, l’accouchement ou le post-partum, peuvent devenir hautement pathologiques, et ce de façon souvent imprévisible.
La gestion des risques, en général, doit suivre une ­approche pragmatique visant à :
– identifier les principaux risques, et les stratifier ;
– définir des stratégies pour réduire ces dangers, identifier les ressources nécessaires, mettre en place ces stratégies et évaluer les résultats.

Nature et fréquence des risques

Les risques en salle de naissance peuvent intéresser la mère lors du travail et de l’accouchement, du post-partum, le fœtus lors du travail et de l’accouchement et enfin le nouveau-né après la naissance.
Nous évoquerons ici uniquement les risques modérés à sévères pouvant être source de morbidité, voire de mortalité, pour la mère ou l’enfant.

Pour la mère

Même lors d’une grossesse normale chez une femme dite à bas risque obstétrical, les parturientes sont exposées à des risques inhérents à l’accouchement. Lors du travail, la dilatation cervicale peut stagner ou le fœtus peut avoir des anomalies du rythme cardiaque. Ces deux situations peuvent amener l’obstétricien à décider une césarienne ; chez les femmes à bas risque (≥ 37 semaines d’aménorrhée, fœtus unique en présentation céphalique, en travail spontané), le taux de césarienne est de 10,6 % chez les primipares et de 2,1 % chez les multipares sans antécédent de césarienne.1 La césarienne réalisée en urgence au cours du travail est, en elle-même, potentiellement à risque de complications maternelles hémorragiques, infectieuses et thromboemboliques.2 Elle peut également impacter les grossesses futures (césarienne itérative,...

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