Des cas d’hépatites infantiles d’origine inconnue ont été identifiés, d’abord au Royaume-Uni (222 cas le 25 mai), puis dans d’autres pays (Espagne, Danemark, Irlande, Pays-Bas, Israël, États-Unis, Brésil, Japon, Indonésie…). La grande majorité de ces enfants ont moins de 10 ans. : au 11 mai, l’OMS en a répertorié environ 445.

En France, 2 cas (enfants de moins de 10 ans) ont été signalés par le CHU de Lyon, l’un serait d’origine virale (garçon de 3 ans et demi) et l’autre d’origine métabolique-génétique (fille de 7 ans). Les deux ont été résolus mais les investigations sont encore en cours.

Quelles pistes ?

Les analyses n’ont pas retrouvé les virus de l’hépatite A, B, C, D ou E mais, selon les enquêteurs britanniques, la cause infectieuse est la plus probable. En effet, les données britanniques (publiées le 25 avril) font état de 40 cas positifs pour un adénovirus parmi les 50 testés (le SARS-CoV-2 a été détecté dans 10 des 60 patients testés). Le séquençage de plusieurs cas a révélé un adénovirus de type 14. Cependant, l’infection par cet adénovirus n’explique pas entièrement la gravité des tableaux cliniques : elle n’a jamais été associée à ces manifestations graves d’hépatite chez des enfants dans le passé.

Sur la base de ces enquêtes, l’hypothèse principale actuelle est qu’un cofacteur affectant les jeunes enfants ayant une infection à adénovirus, qui serait bénigne dans des circonstances normales, déclenche une infection plus grave ou des lésions hépatiques à médiation immunitaire. Ce cofacteur pourrait être :

  • un nouveau variant de l’adénovirus ;
  • une sensibilité particulière des jeunes enfants à l’adénovirus liée à l’absence d’exposition antérieure (dette immunitaire) due à la mise en place des mesures pandémiques ;
  • une infection antérieure par le SARS-CoV-2 (persistance du virus dans les voies gastrointestinales et activation de l’inflammation) ;
  • un toxique ou une exposition environnementale.

Aucune de ces hypothèses n’a été démontrée.

Selon le dernier rapport du UK Health Security Agency, les dernières investigations continuent à montrer une association forte avec un infection à adénovirus. 

Les autorités britanniques ont toutefois écarté tout lien avec le vaccin contre le Covid, qui n’a été administré à aucun des cas confirmés au Royaume-Uni.

Quels symptômes ?

Le tableau clinique est celui d’une hépatite aiguë nécessitant une hospitalisation, avec jaunisse et augmentation élevée des transaminases hépatiques. D’après l’analyse britannique, dans la majorité des cas, ces signes ont été précédés par des symptômes gastrointestinaux – douleurs abdominales, diarrhée, vomissements – dans les semaines précédentes.

Quelle est la conduite à tenir ?

La Direction générale de la santé recommande, même si à ce jour il n’y a pas de signal préoccupant en France, de structurer le circuit de signalement des cas et d’investigation pour les cas possibles : à cet effet, Santé publique France a proposé une définition de cas possible (qui peut être téléchargée sur ce lien) et une conduite à tenir pour le circuit de signalement et de prélèvement (à télécharger sur ce lien), établies avec des praticiens hospitaliers.

En prévention, dans l’attente de trouver la cause, on recommande de renforcer les mesures d’hygiène (lavage des mains, désinfection des surfaces) surtout chez les jeunes enfants.

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