Une enfant de 11 ans est amputée des membres inférieurs à la suite d’un choc toxique survenu dans le contexte d’une neutropénie chronique génétique. En attente de prothèses adaptées, elle se déplace le plus souvent à genoux. Elle consulte pour l’apparition en une semaine d’une tuméfaction patellaire droite de 6 cm x 5 cm, indolore et non inflammatoire (figure), gênant sa locomotion. L’examen met en évidence une masse molle, sans limitation articulaire, ni porte d’entrée cutanée. La patiente est apyrétique. L’échographie objective une collection anéchogène superficielle compatible avec un hygroma prérotulien.

L’hygroma (ou bursite) correspond à une inflammation d’une bourse synoviale  : un sac de liquide séreux destiné à faciliter le glissement entre les os, les muscles, les tendons et les ligaments. 

Au niveau du genou, quatre bourses principales sont décrites : suprapatellaire, infrapatellaire, ansérine (patte d’oie) et prépatellaire. Cette dernière est la plus fréquemment touchée du fait de sa situation superficielle.

Cliniquement, l’hygroma se manifeste par une tuméfaction fluctuante, le plus souvent indolore et non adhérente. Sa localisation extra-articulaire explique l’absence de choc rotulien et, contrairement à l’arthrite, les amplitudes articulaires sont conservées.

Les causes sont multiples  : microtraumatiques ou appuis prolongés (cause la plus fréquente), microcristallines (goutte), inflammatoires (polyarthrite) ou infectieuses (bursite septique). La bursite infectieuse doit être recherchée devant toute fièvre, douleur, inflammation locale, plaie ou immunodépression et justifie une ponction diagnostique en urgence.

Le diagnostic est clinique.

L’échographie peut aider à confirmer le caractère liquidien et écarter les diagnostics différentiels  : lipome, kyste synovial, cellulite, hématome ou arthrite septique.

Le traitement consiste en la mise au repos et en la suppression des microtraumatismes, associés à des pansements alcoolisés alternés à de la cryothérapie, éventuellement complétés par la prescription d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. 

La ponction n’améliore généralement pas la situation et expose à un risque de contamination iatrogène. Les infiltrations de cortisone sont réservées aux formes rebelles, tandis que l’exérèse chirurgicale reste exceptionnelle.

Chez le patient amputé, l’hygroma illustre l’importance d’une adaptation régulière des appareillages et de la prévention des appuis délétères sur des zones non physiologiques afin d’éviter récidives et complications infectieuses. 

 

Références 
1. Bylicki C, Saliba S. Bosse… du genou. Hygroma prérotulien superficiel. Rev Prat Med Gen 2011;25(863):456. 
2. Ahmed A, Bayol MG, Ha SB. Adventitious bursae in below knee amputees. Case reports and a review of the literature. Am J Phys Med Rehabil 1994;73(2):124-9.
3. Khodaee M. Common Superficial Bursitis. Am Fam Physician 2017;95(4):224‑31. 

Une question, un commentaire ?

promo