L’augmentation de la longévité concerne l’ensemble de la population mondiale. La personne âgée a une fragilité due à l’affaiblissement des fonctions de nombreux systèmes, à l’augmentation de l’incidence des comorbidités et à l’apparition de syndromes gériatriques, ainsi qu’à des changements socio-économiques. Le cancer touche des personnes de plus de 65 ans dans un peu plus de la moitié de l’ensemble des cancers, tous âges confondus.Les décisions concernant la prise en charge des sujets âgés atteints de cancer ne peuvent pas reposer uniquement sur l’âge chronologique.Toute décision concernant le traitement du cancer chez une personne âgée doit être prise en fonction des résultats d’une évaluation gériatrique globale comprenant l’évaluation du statut fonctionnel, des comorbidités, du statut cognitif et de l’humeur, de l’environnement social, du statut nutritionnel ainsi qu’une revue de la médication. Le type de vieillissement peut ainsi être appréhendé, ce qui aide à évaluer la capacité à faire face à un traitement antinéoplasique.Une étude incluant 200 patients âgés d’au moins 65 ans et atteints de néoplasies pulmonaires et digestives a étudié l’influence de l’évaluation gériatrique sur la prise de décision thérapeutique. La stratégie thérapeutique a été décidée sans les résultats de l’évaluation gériatrique, puis les changements de décision thérapeutique à la suite de cette évaluation ont été comptabilisés et analysés.Environ un quart des décisions ont été modifiées, en intensification thérapeutique (environ deux tiers) plus qu’en réduction (environ un tiers). Les changements de décisions thérapeutiques étaient corrélés à l’âge, à l’indice de performance et aux dépendances dans les activités de la vie quotidienne.

Dalila Miraoui, oncologie médicale, Sidi Bel Abbès, Algérie

13 janvier 2026