Cette pathologie est rare et disparaît le plus souvent à l’âge adulte. Cependant, sa difficile prise en charge, son potentiel cécitant, sa chronicité et les répercussions psychologiques et sociales qu’elle entraîne expliquent la dramatisation parentale.
La kératoconjonctivite vernale est une affection rare, sa prévalence est de 1 à 5/10 000.1 Elle semble plus fréquente sous des climats chauds et ensoleillés, le rayonnement ultraviolet (UV) agissant comme un facteur déclenchant des poussées. Cela explique une fréquence supérieure des atteintes dans les régions du sud de l’hémisphère Nord. Elle touche plus particulièrement les enfants et pose de réels problèmes aux patients, à leurs familles et souvent aux ophtalmologistes les prenant en charge.

De quoi s’agit-il ?

La kérato-conjonctivite vernale fait partie des atteintes allergiques ­oculaires ; celles-ci regroupent les conjonctivites médiées par les immunoglobulines de type E (IgE), les ­kératoconjonctivites atopiques, les kératoconjonctivites vernales et les blépharoconjonctivites de contact (eczéma de contact).2, 3 L’appellation « kératoconjonctivite » signe à la fois une atteinte conjonctivale et une atteinte cornéenne responsable des signes et symptômes de gravité qui la définissent. Contrairement aux conjonctivites allergiques, la ­kératoconjonctivite vernale peut ­induire des baisses d’acuité visuelle définitives, soit par les atteintes ­cornéennes et l’amblyopie qu’elles provoquent, soit par la pathogénicité des corticoïdes qu’elle nécessite le plus souvent pour sa prise en charge.
La physiopathologie de la kératoconjonctivite vernale est complexe. Elle fait intervenir une réponse de type cellulaire (lymphocytes T et éosinophiles) plus ou moins associée à un mécanisme IgE-médié (lymphocytes B, mastocytes et IgE spécifiques), ainsi qu’à des facteurs génétiques et hormonaux. Ainsi, la concentration observée des androgènes circulantes chez les sujets atteints est inférieure à celle des sujets sains, suggérant un rôle de ces hormones dans sa patho­génie ou sa gravité.
L’affection débute dans 85 % des cas entre 2 et 10 ans, avec une prédominance masculine marquée (2 à 3 fois plus de garçons que de filles). La symptomatologie, bien que plus ou moins perannuelle, s’aggrave le plus souvent au printemps (d’où l’appellation) et en été, sous forme de poussées inflammatoires, pour s’améliorer fréquemment l’hiver sous nos latitudes. Ce sont ces poussées qui sont au-devant de la scène et motivent les consultations. Cependant en cas d’allergie associée (environ deux tiers des cas),4 les manifestations inflammatoires sont concomitantes à l’apparition de l’allergène dans le milieu. On note également une augmentation des poussées en cas de contact avec un agresseur ­physique (irritant) ou chimique (polluant). La kératoconjonctivite vernale semble toucher plus volontiers les membres d’une même fratrie.
L’affection s’améliore, voire disparaît avec la puberté dans la grande majorité des cas. Cependant la poursuite de l’affection chez l’adulte existe (5 % des cas). Elle survient plus volontiers...

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR