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Après avoir exercé à Dreux et à Chartres, il dirige le service des urgences de l’hôpital Lariboisière, à Paris. Il travaille également au sein de plusieurs associations savantes, dont le comité scientifique de la Société française de médecine d’urgence (SFMU) et la Société européenne de médecine d’urgence (EuSEM).

Où en est notre médecine d’urgence ?

La discipline a été créée dans le milieu des années 70, d’abord en Grande-Bretagne, puis aux États-Unis et en Irlande. En France, la situation était dominée par le nombre record de morts par accidents de la circulation (plus de 10 000 par an). Une première initiative est venue des anesthésistes et réanimateurs : plutôt que d’attendre l’arrivée du patient aux urgences, ils partaient le chercher avec une infirmière, en ambulance. Cette médicalisation des secours par ces spécialistes est à l’origine de la médecine d’urgence française.

Grâce à elle et aux nombreuses mesures de prévention routière adoptées (ceinture de sécurité, limitations de vitesse…), le nombre d’accidents de la route a considérablement baissé dans les années 90 (on est passé à moins de 3 000 morts par an). La discipline « médecine d’urgence » s’est développée et s’est peu à peu séparée de l’anesthésie-réanimation, ce qui a été acté en 2015 avec sa reconnaissance en spécialité. Ses consultants aussi ont changé. Aujourd’hui, la traumatologie ne représente plus qu’environ 5 % de son activité, constituée pour l’essentiel de problèmes médicaux : cardiologiques (douleurs thoraciques, infarctus du myocarde…), neurologiques (AVC) et détresses respiratoires. L’activité des services d’urgence ne ressemble absolument pas à l’image que véhiculent les séries télé, avec leurs équipes de cow-boys fonçant sur les catastrophes.

Autre bouleversement majeur : entre 1990 et 2000, le nombre de patients reçus a doublé, nous obligeant à nous adapter rapidement et en permanence, puisqu’il continue de grimper. Cela n’est pas un phénomène spécifiquement français : il existe dans le monde entier, et personne ne sait réellement l’expliquer.

La désorganisation des soins primaires est souvent avancée

Mais tout le système de soins est désorganisé, pas seulement la médecine de ville ! Je refuse de jeter la pierre aux MG, avec qui nous avons d’excellents rapports. Ils sont complètement débordés, on ne peut pas leur demander en plus d’aller faire des visites à domicile ou d’assurer des gardes la nuit. Leur problème est bien souvent qu’ils ne pourront pas avoir l’avis d’un...

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