Une pratique sportive régulière et correctement dosée exerce des effets immunostimulants et protecteurs face aux infections, alors que les sportifs très entraînés ou surentraînés sont plus vulnérables aux agressions microbiennes.
Bien que les rapports entre l’immunologie et la pratique des activités physiques et sportives semblent ne remonter qu’à quelques décennies, Aristote évoquait succinctement ce thème dès le ive siècle avant J.-C. : « …un Homme tombe en état de maladie comme le résultat du manque d’exercice… ». Bailey, en 1925, provoqua expérimentalement des infections pneumococciques chez des lapins dont certains étaient contraints à un exercice physique pendant le processus infectieux alors que d’autres étaient entraînés préalablement à la contamination.1 L’auteur nota alors que « la fatigue aiguë (épuisement physique) et la fatigue chronique (dans le sens d’un entraînement physique) sont suivies d’effets opposés dans le cas de l’infection pneumococcique. La première semble rendre les lapins plus fragiles, la seconde moins fragiles… Nos résultats confirment la croyance générale selon laquelle la surcharge soudaine de travail est délétère, alors que l’entraînement aux exercices réguliers peut accroître la résistance à certaines infections ». Les bases scientifiques de l’immunologie de l’exercice venaient d’être jetées.

Quelques rappels

Le système immunitaire reconnaît, attaque et détruit tout élément étranger à l’organisme. Cela est rendu possible par l’existence d’une immunité innée (survenant spontanément) et d’une immunité adaptative (acquise) fonctionnant de manière coordonnée. La première ligne de défense (l’immunité innée) est activée dès qu’un agent pathogène tente de pénétrer l’organisme. Si ce système est mis en défaut, une infection aiguë apparaît, et le système immunitaire adaptatif entre en jeu. Ce système permet la plupart du temps d’éliminer l’infection et rend possible l’acquisition d’une mémoire de l’agent infectieux responsable, réduisant la probabilité de réinfection. La réponse immunitaire s’appuie sur des éléments cellulaires et sur des facteurs solubles. Les leucocytes regroupent les granulocytes, les lymphocytes et les monocytes. Les granulocytes (neutrophiles, éosinophiles et basophiles) représentent 60-70 % des leucocytes circulants, alors que les lymphocytes en représentent 20-25 %. Les principaux types de lymphocytes sont les lymphocytes CD4 (T auxiliaires), les CD8 (cytotoxiques, suppresseurs), les lymphocytes B et les cellules natural killer (NK). Les cellules B sécrètent les immunoglobulines (Ig) : IgA, IgG, IgM, IgD et IgE. Les IgG et IgM sont retrouvées principalement dans le sérum, alors que les IgA sont plutôt localisées dans les sécrétions muqueuses. Cette dernière immunité muqueuse est particulièrement importante et étudiée dans le contexte de l’activité physique et...

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