Au quotidien, face à la multiplication des sources d’information, leur qualité inégale et des données qui ne cessent d’évoluer, le risque est qu’une question complexe se réduise à l’alternative « pour ou contre ? ».
Les médias sont un moyen essentiel dans une démocratie pour permettre au grand public d’être informé de la complexité de questions telles que celles relatives à la fin de vie et aux soins palliatifs. Aujourd’hui, l’accès aux médias est possible presque instantanément.
Nous nous sommes interrogés sur la capacité de la presse écrite à rendre compte de questions médicales complexes pour informer le grand public de manière juste. Nous avons décidé d’axer notre recherche sur la situation de Vincent Lambert, qui a été le sujet de nombreux articles de presse écrite.

Des articles au crible de 7 questions 

Nous avons recueilli les articles des années 2013 à 2017 parus dans 4 journaux de presse quotidienne et sur un site de presse spécialisée (Libération, Le Monde, Le Figaro et La Croix, et l’Agence de presse médicale [APM], site de dépêches médicales spécialisées). Les 4 premiers journaux nous ont semblé être signifiants en termes de variété de points de vue.
Ainsi, 341 articles ont été étudiés (61 de Libération, 65 du Monde, 86 du Figaro, 82 de La Croix, 47 de l’APM).
Pour analyser chaque article, nous avons établi une grille de lecture comportant 7 questions (v. tableau 1).
Une chronologie des faits a été rédigée, en s’appuyant tout d’abord sur les dates retrouvées dans les dépêches de l’APM (v. encadré p. 486-7). Nous avons eu un entretien avec le Dr Vincent Sanchez, dernier médecin en charge du patient. Cela nous a permis de vérifier la véracité de cette chronologie. Une grande majorité des décisions de justice a pu être retrouvée sur internet, bien que celles-ci aient été anonymisées.

Comment est formulé le titre de l’article ?

Les titres de certains articles ne sont pas neutres. Ils donnent lieu à des raccourcis inexacts sur les décisions de justice :
« Les médecins veulent relancer l’euthanasie de Vincent Lambert » (Le Figaro).1 Il ne s’agit pas de provoquer volontairement la mort du patient à sa demande (définition de l’euthanasie communément admise) mais d’arrêter les traitements qui maintiennent en vie le patient ;
« Le rapporteur du Conseil d’État se prononce contre le maintien en vie de Vincent Lambert » (Le Monde).2 Le rapporteur du Conseil d’État n’est pas à proprement parler « contre son maintien en vie » mais « juge légale la décision médicale de suspendre les traitements du patient permettant son maintien en vie » ;
« La Cour européenne ordonne le maintien en vie de Vincent Lambert » (Le Figaro).3 Il aurait été plus juste de dire que « la Cour européenne ordonne le maintien des traitements de Vincent Lambert dans l’attente d’un jugement de sa part » ;
« Contre l’euthanasie passive, les parents de Vincent Lambert à nouveau en justice » (Libération).4 L’expression « euthanasie passive » est inappropriée car elle se veut en opposition à l’euthanasie dite « active ».5*
Parfois, le titre reprend correctement l’information principale, mais le corps de l’article est inexact. Par exemple, dans La Croix, le 15 janvier 2014, le titre de l’article « Fin de vie : le tribunal demande de maintenir l’alimentation de Vincent Lambert »6est correct, mais le corps de l’article reprend l’expression inadaptée « euthanasie passive ». Il est réducteur, car il ne mentionne pas la deuxième procédure collégiale mais seulement les « deux conseils de famille » qui n’ont « pas permis d’obtenir un consensus familial » alors qu’un consensus familial, s’il doit être recherché, n’est pas obligatoire pour aboutir à la décision de poursuivre ou non les traitements. La décision finale revient au médecin en charge du patient et à lui seul.

L’article est-il explicite (permet-il de comprendre) ?

Les articles entièrement explicites sont rares.
Certains sont à la fois explicites dans les grandes lignes mais simplificateurs sur certains points. Par exemple, dans La Croix le 16 janvier 2014, le titre d’un article interpelle : « Affaire Lambert, malgré le jugement sur son maintien en vie, le débat continue ».7Le « jugement » du tribunal administratif n’a pas été de « maintenir en vie » le patient mais de suspendre la décision médicale d’interruption de l’alimentation et de l’hydratation artificielles. Le corps de l’article cite correctement deux des quatre principaux arguments du jugement du tribunal administratif.
L’article « La justice s’invite dans le débat sur la fin de vie » (Le Monde, 17 janvier 2014)8 est explicite car il permet de comprendre la lecture de la loi Leonetti faite par les juges et les réactions des différentes parties qui en découlent. Cependant, il est réducteur et inexact quand il commence par « Le tribunal administratif interdit aux médecins de laisser mourir Vincent Lambert » (le tribunal administratif suspend la décision médicale d’interrompre les traitements d’alimentation et d’hydratation artificielles) et continue avec « La justice a sanctionné le CHU de Reims », alors qu’il ne s’agit pas d’une sanction mais d’une décision de justice suspendant celle prise par le médecin. En effet, les tribunaux ont pour mission de vérifier la légalité de la décision médicale, c’est-à-dire que cette dernière a été prise conformément aux préconisations de la loi.
Certains articles présentent le patient comme étant un condamné à mort en sursis :
– dans Le Figaro : « Neuf juges décident aujourd’hui de la vie ou de la mort de Vincent Lambert » ;9« Rémi Keller (le rapporteur public), en toute vraisemblance et pour ne pas se déjuger, devrait requérir la mort. Une décision historique en France. »10
Dans Le Monde : « Vincent Lambert, le prisonnier » ;11« Le Conseil d’État pourrait (…) ainsi décider de sa mort » ;12 le rapporteur public et les avocats ont échangé des arguments pour « tenter d’emporter la conviction des 17 juges de l’assemblée du contentieux du Conseil d’État appelés à rendre mardi 24 juin leur décision sur le maintien en vie ou la mort de Vincent Lambert. »13
Nous pourrions reprendre les différentes expressions inexactes mélangeant les termes dans une sorte de « bingo sémantique » malencontreux : « procédure collégiale de fin de vie » (Le Figaro14), « processus de fin de vie » (Le Monde13, 15-18,Le Figaro19-24), « protocole de fin de vie » (Libération25, La Croix26, Le Figaro27, 28), « procédure d’euthanasie » (Le Figaro29), « processus d’euthanasie » (Le Figaro30), « euthanasie passive » (La Croix6, Le Figaro31-34, Le Monde35, Libération36-38), « euthanasie » (Libération39), « processus de consultation » pour parler de la procédure collégiale (Le Monde40), « protocole d’arrêt des soins » (Le Figaro41), « procédure d’arrêt des soins » (La Croix42, Le Figaro43, Libération44, 45).

L’article précise-t-il la complexité de la situation ou est-il réducteur, simplificateur ?

Il semble impossible pour chaque article d’exposer de manière exhaustive la complexité de la situation tant elle englobe de vastes champs de réflexion.
Certains articles sont des tribunes des proches du patient, partisans de l’arrêt des traitements ou de leur poursuite. D’autres donnent des citations des différents proches sans les critiquer ou les expliquer, ce qui les rend réducteurs : telle que l’expression « acharnement euthanasique », reprise des parents de Vincent Lambert dans La Croix.46
Certains articles ont recours au champ lexical du combat : « croisade »,37« bataille judiciaire »,47 « attaque », « bras de fer »,28« deux camps irréconciliables »48, « l’audience de mercredi est l’occasion de voir si les lignes ont bougé avec le temps »49, « les pro-vie contre-attaquent »50, « la contre-offensive des parents Lambert ».51 Cela participe à une présentation simplifiée de la situation.
Nous remarquons une diminution de volume des articles à partir de 2016. La multiplication d’articles au contenu très court, censés informer de manière rapide le lecteur sur les dernières avancées juridiques ne semble pas pertinente (v. tableau 2).

L’article donne-t-il des repères, notamment éthiques, pour comprendre cette complexité ?

C’est très rarement le cas. Dans un article du 15 mai 2014,52 l’APM est le seul média étudié à avoir exposé les observations faites à la demande du Conseil d’État par l’Académie nationale de médecine, du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) et de Jean Leonetti. Ces observations sont pourtant pertinentes pour éclairer le point de vue du lecteur.
Les articles donnant des repères réflexifs sont ceux reprenant les propos de spécialistes de la question de la fin de vie. De tels articles ne sont plus retrouvés à partir de 2016 (v. encadré page ci-contre).

L’article fait-il un rappel explicite de l’historique des faits pour clarifier la situation ?

Certains articles contiennent un résumé. Entreprendre un résumé d’une telle situation n’est pas aisé. À partir de 2016, les articles sont de plus en plus courts et reprennent parfois des résumés identiques simplificateurs et non explicites dans les différents journaux.
Les dépêches de l’APM sont pertinentes dans ce domaine.72
Les autres journaux sont généralement moins exacts ou factuels. Exemple dans Le Monde, le 28 janvier 2014 : « Le processus de fin de vie avait été lancé par l’équipe médicale avec l’accord de l’épouse de M. Lambert et d’une partie de ses frères et sœurs. Les parents du patient, appuyés par une sœur et un demi-frère, avaient demandé au tribunal de s’opposer à cette décision. En leur donnant raison, les juges avaient créé la stupéfaction parmi l’équipe, une partie de sa famille, et plus largement dans tout le corps médical. »73
L’expression « processus de fin de vie » n’est pas exacte et semblerait signifier « décision médicale à la suite de la procédure collégiale d’arrêt des traitements qui maintiennent en vie le patient, menant une obstination déraisonnable ». Cette décision médicale n’avait pas nécessité l’accord des membres de la famille du patient car elle est prise uniquement par le médecin en charge du patient. Le médecin tient compte de l’avis des membres de la famille mais n’a pas besoin de leur assentiment pour prendre sa décision. De plus, on ne comprend pas pourquoi la décision du tribunal administratif a pu créer la « stupéfaction ».

L’article est-il impartial ? Si non, quels sont les avis sous-tendus ?

Certains journaux ont des avis plus ou moins partisans sur la situation de ce patient.
Nous pouvons remarquer que l’APM est le seul média à donner des articles toujours impartiaux.

Comment les décisions de justice sont-elles expliquées ? Y a-t-il des amalgames entre les différents acteurs juridiques ?

Quand elles sont citées, les décisions de justice sont généralement reprises avec exactitude. Quand elles sont para­phrasées, elles sont souvent résumées de manière inadaptée.

Des risques : émotion, partialité, simplification…

L’objectif de notre étude était d’analyser la façon dont la presse écrite relate les faits lorsque ceux-ci concernent des situations médicales complexes, à forte densité éthique d’une part, et interrogeant le droit d’autre part. Le choix d’analyser les articles de presse relatif à ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Vincent Lambert » est lié au fait qu’elle comporte une dimension polémique très forte.
Il nous semble essentiel que tout citoyen ait les moyens de réfléchir à la réalité de certaines situations humaines complexes, en partie générées par la médecine moderne.
L’enjeu de l’information dans un pays démocratique nous semble être de permettre au lecteur de construire son opinion de façon éclairée. Il nous est apparu important d’analyser si la presse écrite se donnait les moyens d’une véritable information sur ce sujet, avec des éléments factuels, justement relatés et clairement explicités, avec une véritable problématisation, c’est-à-dire une mise en tension des différents arguments au regard de valeurs ou de principes de référence éthiques, moraux, légaux…
Cette étude comporte bien entendu des limites. Elle se limitait à la presse écrite et, au sein de cette presse, à certains journaux. À l’heure actuelle, la presse écrite ne constitue plus le média essentiel d’information du grand public. Notre travail ne prend pas en compte le traitement de cette affaire par la médiatisation audiovisuelle et par les réseaux sociaux, qui informent probablement la majorité des citoyens depuis quelques années.
Les articles de l’APM, s’adressant à un public de professionnels de santé plus averti au questionnement complexe, s’avèrent plus difficilement comparables à ceux de quatre journaux de presse quotidienne.
Il aurait pu être également pertinent d’étudier d’autres titres de presse écrite touchant un lectorat différent (LeJournal du dimanche, Le Parisien, presse régionale…) De plus, notre analyse a été faite seulement sur les années 2013 à 2017 et n’a donc pas étudié la situation dans sa globalité temporelle. Nous ne pouvons donc pas conclure de manière généralisée sur l’influence de la presse écrite dans l’information du grand public sur des situations médicales complexes.
Notre grille d’analyse n’a pas toujours permis de rendre compte de la qualité globale des articles. Certains articles peuvent ainsi être explicites mais pourtant partisans ; le titre d’un article peut être pertinent, mais son contenu peut être inexact. Certains articles partisans peuvent permettre d’alimenter la réflexion du lecteur qui peut adhérer ou au contraire rejeter le point de vue exposé.
L’enjeu de notre travail n’était pas de commenter « l’affaire Vincent Lambert » mais de la prendre pour exemple afin de présenter la manière dont le journalisme de presse rend compte de ces questions complexes.
Notre recherche bibliographique n’a trouvé que de rares articles traitant de la question que nous nous sommes posée.74-76 Il nous semble pourtant crucial que les professionnels de santé s’intéressent à la manière dont est présentée la réalité médicale complexe dans le débat public, alimenté entre autres par la presse quotidienne.** Une information relayée de manière erronée ou incomplète fait courir le risque d’une instrumentalisation de la pensée du citoyen.
Cette étude montre que l’émotion prime parfois sur l’information du lecteur. Certains de ces articles de presse sur ce sujet semblent réducteurs, cherchant à « accrocher » le lecteur en simplifiant ou en caricaturant les faits.
Les faits ne sont pas toujours présentés de manière impartiale. La tendance légitime à la recherche d’un certain degré de séduction pour conduire le lecteur à lire dessert souvent l’information claire et loyale et limite ainsi la possibilité pour le lecteur de construire son opinion en la fondant sur des faits.
Le journaliste cherche à satisfaire les besoins d’instantanéité de l’information, au prix parfois d’une simplification malencontreuse des faits d’autant plus que les courts articles ou résumés sont nécessairement simplificateurs. Les nombreux articles au contenu très bref ne semblent pas pertinents dans cette situation. Ils ne font qu’alimenter le côté « sujet à rebondissements » de ce qui est devenu une « affaire ».
Ainsi traitée, cette information aboutit à réduire la réalité complexe, où l’incertitude est centrale, à un débat dichotomique simpliste : « pour ou contre l’euthanasie ? ».
Il faut reconnaître toutefois que l’information sur de tels sujets est éminemment complexe et que les contraintes qui s’imposent aux journalistes rendent l’information très ardue. Parce qu’elle est elle-même très rapidement évolutive, présenter l’information peut être difficile pour des journalistes non formés à ce type de réflexion. Nous pouvons d’ailleurs sur ce point nous interroger sur la formation des journalistes au questionnement éthique. Le journaliste est confronté à un véritable dilemme : il doit d’une part rendre accessible une réalité complexe dans laquelle les nuances sont essentielles et il doit d’autre part communiquer dans un espace ou un temps court pour être lu. Enfin, l’information concernant une question de nature éthique devrait, par essence, être la plus neutre ou la moins partisane possible : elle devrait présenter les différentes positions ou visions possibles du même sujet, ce qui est difficilement compatible avec un article succinct.
Cette équation à plusieurs variables s’avère de fait difficile ou impossible à résoudre.

Questions sans réponse

Au final, ainsi traitée de manière partiale et partielle, « l’information » ne contribue-t-elle pas plutôt à désinformer ? Nous pouvons nous demander si tenter de faire une synthèse d’une question non synthétisable par essence n’est pas illusoire et donc dangereux ? Comment parvenir à informer le lecteur dans ce cas ?
À mesure que la société fabrique des situations complexes telles que celle de Vincent Lambert, les médias généralistes devraient changer de format pour rendre compte de cette réalité complexe. Les articles de presse apparaissent actuellement trop courts et donc inadaptés à ces questions. On peut se poser la question de la place des nuances dans ce cheminement réflexif et la manière avec laquelle elles peuvent être abordées dans les articles de la presse quotidienne.
* Comme le dit Jacques Ricot, « L’expression “euthanasie passive” est devenue inaudible et incohérente et elle doit être résolument abandonnée. En effet, construite à partir de la signification étymologique et historique de l’euthanasie, elle est aujourd’hui court-circuitée par le sens contemporain qui implique que l’euthanasie résulte d’une intention de hâter ou de provoquer la mort. Or le fait de s’abstenir ou d’arrêter des soins devenus pénibles, inutiles ou disproportionnés ne relève pas d’une intention de donner la mort, mais de ce que l’on appelle aujourd’hui le refus de l’obstination déraisonnable. »5** « Si l’information médiatisée contribue, pour une large part, à former le jugement du citoyen, du moins éclairer celui-ci pour qu’il puisse, en son âme et conscience, exercer sa part de souveraineté nationale dans un système démocratique, la profession (de journaliste) garde toute sa raison d’être. » Michel Mathien, De la raison d’être journaliste (Persée).
Encadre
Chronologie exhaustive de la situation de Vincent Lambert de 2008 à 2017

Septembre 2008 : accident de la voie publique avec traumatisme crânien grave de Vincent Lambert. Hospitalisation du patient en service de réanimation dans un état de coma, puis transfert en dernier lieu dans l’unité de cérébrolésés du CHU de Reims en juin 2009.

Dernier trimestre 2012 : premières interrogations de l’équipe médicale sur une possible obstination déraisonnable sur Vincent Lambert.

8 avril 2013 : à l’issue de la première procédure collégiale débutée le 29 janvier 2013, décision médicale d’arrêt de l’alimentation artificielle du patient.

11 mai 2013 : à la suite de la plainte déposée au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en référé-liberté par les parents de Vincent Lambert, le tribunal a considéré que « l’administration, par voie de sonde et de tubes, de substances chimiques équilibrées permettant l’alimentation et l’hydratation d’une personne en situation de coma, et donc de totale dépendance, constitue un acte de soin au sens de l’article L. 1110-5 du code de la santé publique et un traitement au sens de l’article L. 1111-4 du même code ; qu’à supposer même que, dans les circonstances de l’espèce, ces actes de soin puissent paraître n’avoir d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils ne pouvaient être arrêtés ou limités que dans le respect de la procédure prévue au 5e alinéa de l’article L. 1111-4 et à l’article R. 4127-37 du code de la santé publique en raison de l’impossibilité, pour M. Vincent Lambert, d’exprimer sa volonté ».1

Il a aussi considéré « qu’en l’absence de directives anticipées (...) et en l’absence d’une personne de confiance telle que prévu à l’article L. 1111-6 du code précité, la procédure (...) devait être poursuivie avec la famille de M. Vincent Lambert, quand bien même la famille était divisée sur le devenir de M. Vincent Lambert, ainsi que cela a été précisé à l’audience ; que si l’épouse (...) a été associée à une “réflexion” collégiale à compter du 4 février 2013, il résulte de l’instruction, et notamment des explications apportées à l’audience par le Dr K., que les parents de M. Vincent Lambert n’ont pas été informés de la décision de mettre en œuvre la procédure collégiale, et ce, dès qu’elle a été prise ; qu’il résulte également de l’instruction que la décision d’arrêter l’alimentation et de limiter l’hydratation n’a pas pris en compte les souhaits des parents de M. Vincent Lambert ; qu’enfin, il résulte de l’instruction que les parents de M. Vincent Lambert n’ont pas été informés de la nature et des motifs de cette décision ; qu’en conséquence, les requérants sont fondés à soutenir que la procédure prévue à l’article R. 4127-37 du code de la santé publique a été méconnue ».1

11 janvier 2014 : décision médicale d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert à la suite de la deuxième procédure collégiale ayant intégré un « conseil de famille » où les deux parties ont pu se faire aider d’experts médicaux de leur choix.

16 janvier 2014 : décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en référé-liberté de faire suspendre la décision médicale d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert, pour donner suite à une plainte déposée par les parents de Vincent Lambert.

31 janvier 2014 : le tribunal administratif de Châlons, à la demande des parents du patient, suspend l’exécution de la décision médicale d’arrêt de l’alimentation artificielle. Rachel Lambert (l’épouse du patient), François Lambert (un neveu du patient) et le CHU de Reims font ensuite appel de cette décision auprès du Conseil d’État.

6 février 2014 : le Conseil d’État, au regard « de la très grande difficulté des questions posées », demande une nouvelle expertise médicale avant de rendre son jugement et requiert également l’avis du CNOM, du CCNE, de l’Académie nationale de médecine et du député Jean Leonetti pour éclaircir certaines définitions. Il demande « des observations écrites de caractère général de nature à l’éclairer utilement sur l’application des notions d'obstination déraisonnable et de maintien artificiel de la vie au sens de l’article L. 1110-5 du code de la santé publique, en particulier à l’égard des personnes qui sont, comme M. Lambert, dans un état pauci-relationnel ».2

24 juin 2014 : les parents de Vincent Lambert saisissent en urgence la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour qu’elle ordonne à la France de surseoir à tout arrêt éventuel de l’alimentation ou de l’hydratation artificielles.

6 mai 2014 : le prérapport d’expertise est divulgué dans la presse. Il est pourtant couvert par le secret médical. Les experts concluent à une dégradation de son état neurologique par rapport à 2011 (lors de la précédente expertise médicale), passant d’un état de « conscience minimale plus » à un état « végétatif ». Ils énoncent qu’il est impossible d’établir un code de communication fiable et qu’il est impossible de savoir si les réactions comportementales de Vincent Lambert aux stimulus extérieurs peuvent être interprétées comme étant des signes de souffrance ou comme étant la preuve d’une volonté de ne plus vivre.

24 juin 2014 : le Conseil d’État considère « que si, en l’état des informations médicales dont il disposait lorsqu’il a statué à très bref délai sur la demande dont il avait été saisi, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne était fondé à suspendre à titre provisoire l’exécution de la décision du 11 janvier 2014 du Dr K. en raison du caractère irréversible qu’aurait eu l’exécution de cette décision, les conclusions présentées au juge administratif des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, tendant à ce qu’il soit enjoint de ne pas exécuter cette décision du 11 janvier 2014, ne peuvent désormais, au terme de la procédure conduite devant le Conseil d’État, plus être accueillies ; qu’ainsi Mme Rachel Lambert, M. François Lambert et le centre hospitalier universitaire de Reims sont fondés à demander la réformation du jugement du 16 janvier 2014 du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne ».3

5 juin 2015 : la CEDH juge compatible l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielles avec la Convention européenne des droits de l’homme.4

7 juillet 2015 : le Dr S., en charge du patient, décide d’engager « une nouvelle procédure en vue d’une décision d’arrêt des traitements ». Un « conseil de famille » est convoqué le 15 juillet, son objectif sera, « tout en tenant compte des constatations du Conseil d’État et de la Cour européenne, de recueillir l’avis de chacun sur cette nouvelle procédure ».

23 juillet 2015 : par un communiqué de presse, le CHU informe que la procédure engagée le 7 juillet 2015 a été suspendue car « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de [la] procédure, tant pour M. Vincent Lambert que pour l’équipe soignante, [n’étaient] pas réunies ». Le communiqué de presse précise ensuite que « les conditions d’un échange serein doivent absolument être rétablies dans l’intérêt de M. Vincent Lambert et de son accompagnement ».5

De plus, le Dr S. saisit le procureur de la République pour qu’un tuteur soit nommé pour Vincent Lambert. Jusqu’alors, Rachel Lambert avait été habilitée à le représenter d’une manière générale dans l’exercice des pouvoirs résultants du régime matrimonial.

18 août 2015 : demande au procureur de la République de la mise sous tutelle.

29 septembre 2015 : le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne est saisi par François Lambert, qui demande l’annulation les décisions du Dr S. du 7 juillet 2015 et du 23 juillet 2015.6

9 octobre 2015 : le tribunal adlinistratif rejette la requête de François Lambert aux motifs que « le principe de l’indépendance professionnelle et morale des médecins () constitue non seulement une garantie pour ces derniers mais également un droit du patient ; qu’un tel droit fait notamment obstacle à ce qu’un médecin puisse être regardé comme le simple exécutant d’une décision prise par un autre médecin ; qu’il suppose au contraire, que le médecin, à qui il incombe d’assumer personnellement ses responsabilités vis-à-vis du patient dont il a la charge, ne saurait, lorsqu’il prend une décision touchant au traitement de celui-ci, voir le contenu de sa propre analyse et finalement le sens de sa décision, lui être dictés de manière univoque par celle antérieurement prise par un de ses confrères à propos d’un même patient ».7

10 mars 2016 : le juge des tutelles désigne Rachel Lambert comme tutrice et l’Union départementale des affaires familiales de la Marne comme « subrogé tuteur ».

16 juin 2016 : la cour administrative d’appel (CAA) de Nancy saisie par François Lambert annule la décision du tribunal administratif du 9 octobre 2015 et enjoint le praticien en charge du patient de « répondre aux obligations lui incombant vis-à-vis de M. Vincent Lambert », c’est-à-dire de reprendre la procédure collégiale précédemment interrompue.

Décembre 2016 : démission du Dr S., remplacée par le Dr Sanchez.

19 juillet 2017 : le Conseil d’État, saisi alors par les parents du patient afin de faire annuler la décision de la CAA de Nancy, confirme les conclusions de cette dernière et rajoute qu’en raison du départ des précédents médecins, « le médecin nouvellement en charge de M. Vincent Lambert devra se prononcer sur l’engagement d’une procédure d’examen du maintien de son alimentation et son hydratation artificielles ».8

22 septembre 2017 : le nouveau médecin en charge de Vincent Lambert, Dr Sanchez, annonce qu’une quatrième procédure collégiale va être engagée à la suite de la demande du neveu du patient.

Encadre
Repères réflexifs dans certains articles de presse

2013

Dans La Croix, des propos de Jean Leonetti53, auteur de la loi sur la fin de vie du 22 avril 2005, et de Vincent Morel,54 président de la Société française d’accompagnement et de fin de vie.

Dans Le Monde, l’avis de Bernard Devalois,55 chef de service d’une unité de médecine palliative.


2014

Dans l’APM, les observations52 réalisées à la demande du Conseil d’État par l’Agence nationale de médecine, le CCNE, le CNOM et Jean Leonetti.

Dans Le Figaro, les propos de Didier Sicard,56 président d’honneur du CCNE, et Anne-Laure Bloch57, neurochirurgienne et docteure en philosophie.

Dans Le Monde, des propos de Bernard Devalois,58 Jean Leonetti,59 Didier Sicard,59 François Vialla,60 professeur en droit privé spécialisé en éthique biomédicale, Régis Aubry, président de l’Observatoire national de la fin de vie, membre du CCNE, Patrick Bouet59, président du CNOM.

Dans Libération, des propos de Pierre Le Coz,61 agrégé de philosophie et docteur en sciences de la vie et de la santé, et Véronique Fournier,62, 63 directrice du centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin à Paris.


2015

Dans La Croix, les propos de Mgr d’Ornellas, chargé des questions bioéthiques pour les évêques de France,64 également d’Anne-Laure Bloch et Vincent Morel,65 de Corine Pelluchon, philosophe spécialiste de philosophie politique et d’éthique appliquée.66

Dans Le Figaro, les propos d’Emmanuel Hirsch, directeur de l’Espace de réflexion éthique de la région Île-de-France.67, 68

Dans Libération, les propos de Laurence Brunet, juriste, spécialiste de bioéthique.69

Le 14 janvier 2014, dans Le Figaro, Didier Sicard dit :56 « La situation est paradoxale car, lorsque la médecine était impuissante, la mort était acceptée. Maintenant qu’elle est puissante, la mort naturelle est refusée », « l’agonie est devenue socialement inacceptable, incorrecte. »

Le 26 juin 2014, dans Le Monde, Jean Leonetti réaffirme que « Le refus de l’acharnement thérapeutique n’est pas un acte euthanasique. Le cas de Vincent Lambert ne doit pas être généralisé. (...) La problématique de la fin de vie ne se résume pas au débat sur l’euthanasie, et l’accompagnement des personnes les plus fragiles mérite une réflexion approfondie et apaisée. » Pour Régis Aubry, les situations complexes dues aux prouesses techniques de la médecine ne sont plus seulement celles de la fin de vie : « Les situations qui posent la question des droits de la personne malade, lorsqu’elle n’est pas en fin de vie, lorsqu’elle ne peut exprimer son avis et qu’elle ne survit que du fait de traitements, devraient imposer la mise en œuvre d’un processus de délibération plus large que dans les situations de fin de vie. Particulièrement lorsque ceux-ci consistent en une nutrition et une hydratation artificielles. »59

Certains articles donnant la parole à des ministres de culte religieux apportent un autre éclairage. Dans Libération, Yann Boissière, rabbin, énonce :70« Faire de sa mort un acte volontaire est parfois associé à la notion de dignité, et le suicide assisté présenté comme la plus haute expression de l’idéal d’autonomie. Nous nous élevons contre ces définitions simplificatrices, et contre l’idée selon laquelle la vieillesse, la perte d’autonomie seraient nécessairement des expressions symétriques d’une situation d’indignité, suffisante pour décréter que la vie aurait alors une moindre valeur. » Dans La Croix,71 les évêques de France donnent un avis plus tranché en rappelant le caractère « fondamental » de « l’interdit de tuer » et le « respect dû à toute personne en fin de vie ».

Le 24 juin 2014, Le Figaro édite une interview du Dr Bloch.57 À l’assimilation simpliste du journaliste entre, d’une part, « euthanasie » et « faire mourir » et, d’autre part, « soins palliatifs » et « laisser mourir », Dr Bloch répond : « Le problème n’est pas de “laisser mourir” ou de “faire mourir” tel ou tel patient au nom d’une position dogmatique plaquée sur une réalité particulière. Le problème est de remettre en perspective, à chaque intervention diagnostique ou thérapeutique, les moyens engagés et le projet de vie de la personne. »

Selon Corine Pelluchon dans un entretien donné à La Croix,66 les parents de Vincent Lambert « s’élèvent contre une société qui dévalue les êtres les plus fragiles, une “société Kleenex”, dans laquelle on est bon à jeter dès que l’on n’est plus performant », mais leur révolte serait « inarticulée » car « ils ne savent pas quoi proposer d’autre à la place ».

Le 8 juin 2015 dans La Croix, Vincent Morel et Anne-Laure Bloch rappellent que « l’état végétatif est un état artificiel provoqué par la médecine, aucune maladie n’évolue spontanément vers une perte de la conscience prolongée ».

Le 6 juin 2015 dans Libération,69 Laurence Brunet explique que « nous sommes dans un schéma de décision copartagée. (...) La Cour européenne ne dit pas que le médecin doit arrêter tout traitement lorsque le patient ne s’est pas exprimé. Seul, le médecin ne peut pas. Sa décision doit toujours s’adosser à la voix du patient. »

Résumé
La presse écrite rend-elle compte d’une façon juste d’une question médicale complexe : « le cas Vincent Lambert » ?
Nous avons analysé des articles de presse faisant référence à « l’affaire Vincent Lambert » parus de 2013 à 2017 pour comprendre la façon dont la presse quotidienne française grand public relate les questions médicales complexes à forte tonalité éthique et interroger sa capacité à informer avec justesse ses lecteurs pour qu’ils puissent se construire leur propre opinion. À l’aide d’une grille de lecture (comportant 7 questions), 341 articles de presse de 4 quotidiens français (Libération, Le Monde, Le Figaro et La Croix) et d’un site de dépêches médicales spécialisées (Agence de presse médicale) ont été analysés. Les articles apparaissent rarement entièrement explicites. Des expressions inadaptées (« euthanasie passive », « procédure de fin de vie ») sont utilisées dans la majorité des journaux. Certains articles exposent les faits de manière partisane et participent à maquiller la complexité de la situation du patient. Les décisions de justice sont souvent raccourcies et donc simplifiées, ce qui n’aide pas le lecteur à saisir la situation de manière éclairée. Des repères réflexifs sont parfois retrouvés dans les différents journaux de 2013 à 2016. À partir de 2016, on remarque que les articles sont plus courts et ne donnent plus aucun repère de réflexion. De nos jours, la presse écrite n’est probablement plus le premier vecteur d’information choisi par le citoyen. Les articles des titres de presse étudiés dans leur format actuel ne sont peut-être pas le meilleur moyen d’aider le grand public à s’informer de manière juste sur des questions complexes englobant de vastes champs de réflexion. La difficulté du travail du journaliste pour aborder ce type de questionnement vient en partie des contraintes de brièveté qui leur sont souvent imposées d’une part, et de l’évolution constante de l’information elle-même d’autre part.
Références
1. Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, ordonnance du 11 mai 2013, n° 130074. https://etudiant.lextenso.fr/sites/default/files/Jugement%20Lambert%2011%20mai%202013.pdf
2. Le Conseil d’État et la juridiction administrative. CE, 14 février 2014, Mme F…I… et autres. http://www.conseil-etat.fr/Decisions-Avis-Publications/Decisions/Selection-des-decisions-faisant-l-objet-d-une-communication-particuliere/CE-14-fevrier-2014-Mme-F-I-et-autres
3. Conseil d’État, 24 juin 2014, Mme F…I…et autres. http://www.conseil-etat.fr/Decisions-Avis-Publications/Decisions/Selection-des-decisions-faisant-l-objet-d-une-communication-particuliere/CE-24-juin-2014-Mme-F-I-et-autres
4. Arrêt de Grande Chambre Lambert et autres c. France - non-violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’État. https://hudoc.echr.coe.int/eng-press#{%22itemid%22:[%22003-5099996-6286079%22]}
5. Cour administrative d’appel de Nancy. CAA communiqué de presse, 2016. http://nancy.cour-administrative-appel.fr/content/download/63796/574603/version/1/file/communiqu%C3%A9%20de%20presse%20affaire%20Lambert.pdf
6. La cour administrative d’appel de Nancy. Vincent Lambert. Communiqué de presse, 2016. http://nancy.cour-administrative-appel.fr/A-savoir/Communiques/Vincent-Lambert
7. Tribunal administratif de Châlons-­ en-Champagne. République française au nom du peuple français, 2015. http://chalons-en-champagne.tribunal-administratif.fr/content/download/48131/420141/version/1/file/1501768%201501769%20Lambert.anon_compl.pdf
8. Conseil d’État, 19 juillet 2017, M. C... F... et autres ; M. I... F.... http://www.conseil-etat.fr/Decisions-Avis-Publications/Decisions/Selection-des-decisions-faisant-l-objet-d-une-communication-particuliere/CE-19-juillet-2017-M.-C-F-et-autres-M.-I-F
9. Les médecins veulent relancer l’euthanasie de Vincent Lambert. Le Figaro, 2013. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/013/09/26/01016-20130926­ARTFIG00596-les-medecins-veulent-relancer-l-euthanasie-de-vincent-lambert.php
10. Le rapporteur du Conseil d’État se prononce contre le maintien en vie de Vincent Lambert. Le Monde, 2 juin 2014. https://www.lemonde.fr/sante/article/2014/06/20/affaire-vincent-lambert-audience-decisive-du-conseil-d-etat_4441734_1651302.html
11. La Cour européenne ordonne le maintien en vie de Vincent Lambert. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/06/24/010160140624ARTFIG00467-la-cour-europeenne-ordonne-le-maintien-en-vie-de-vincent-lambert.php
12. Contre l’euthanasie passive, les parents de Vincent Lambert à nouveau en justice. Libération.fr, 2014 https://www.liberation.fr/france/2014/01/13/contre-l-euthanasie-passive-les-parents-de-vincent-lambert-a-nouveau-en-justice_972492
13. Ricot J. Penser la fin de vie : l’éthique au cœur d’un choix de société. Rennes, France : Presse de l’École des Hautes Études en Santé Publique, 2017. 346 p.
14. Fin de vie : le tribunal demande de maintenir l’alimentation de Vincent Lambert. La Croix, 16 janvier 2014. https://www.la-croix.com/Actualite/France/Fin-de-vie-le-tribunal-demande-de-maintenir-l-alimentation-de-Vincent-Lambert-2014-01-16-1090871
15. Affaire Lambert, malgré le jugement sur son maintien en vie, le débat continue. La Croix, 16 janvier 2014. https://www.la-croix.com/Actualite/France/Affaire-Lambert-malgre-le-jugement-sur-son-maintien-en-vie-le-debat-continue-2014-01-16-1091064
16. La justice s’invite dans le débat sur la fin de vie. Le Monde, 17 janvier 2014. https://www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/17/la-justice-s-invite-dans-le-debat-sur-la-fin-de-vie_4349873_1651302.html
17. Neuf juges décident aujourd’hui de la vie ou de la mort de Vincent Lambert. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/15/01016-20140115ARTFIG00571-neufs-juges-decideront-jeudi-de-la-vie-ou-de-la-mort-de-vincent-lambert.php
18. Affaire Vincent Lambert : le Conseil d’État va enfin statuer. Le Figaro, 2014.http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/06/19/01016-20140619ARTFIG00370-affaire-vincent-lambert-le-conseil-d-etat-va-enfin-statuer.php
19. Vincent Lambert, le prisonnier. Le Monde, 28 janvier 2014. https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2014/01/28/vincent-lambert-le-prisonnier_4355372_3208.html
20. Affaire Lambert : le Conseil d’État joue la prudence. Le Monde, 15 février 2014. https://www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/15/affaire-lambert-le-conseil-d-etat-joue-la-prudence_4367249_3224.html
21. Affaire Lambert : les juges à l’heure du choix. Le Monde, 21 juin 2014 . https://www.lemonde.fr/societe/article/2014/06/21/affaire-lambert-les-juges-a-l-heure-du-choix_4442821_3224.html
22. Fin de vie : le CHU de Reims veut à nouveau cesser d’alimenter Vincent Lambert. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/13/01016-20140113ARTFIG00620-fin-de-vie-le-chu-de-reims-veut-a-nouveau-cesser-d-alimenter-vincent-lambert.php
23. La fin de vie d’un jeune homme au cœur d’une bataille familiale. Le Monde, 17 mai 2013. https://www.lemonde.fr/sante/article/2013/05/17/la-fin-de-vie-d-un-jeune-homme-au-c-ur-d-une-bataille-familiale_3289620_1651302.html
24. Le sort de Vincent Lambert entre les mains d’un tribunal administratif. Le Monde, 14 janvier 2014. https://www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/14/le-sort-de-vincent-lambert-entre-les-mains-d-un-tribunal-administratif_4347600_1651302.html
25. Dix questions autour de l’affaire Vincent Lambert. Le Monde, 29 janvier 2014. https://www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/29/dix-questions-autour-de-l-affaire-vincent-lambert_4351187_1651302.html
26. Le cas ambigu de Vincent Lambert. Le Monde, 12 février 2014. https://www.lemonde.fr/idees/article/2014/02/12/le-cas-ambigu-de-vincent-lambert_4365027_3232.html
27. La justice interdit l’arrêt des soins de Vincent Lambert. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/16/01016-20140116ARTFIG00491-la-justice-decide-de-maintenir-vincent-lambert-en-vie.php
28. Le conseil d’État décidera de la vie ou de la mort de Vincent Lambert. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/30/01016-20140130ARTFIG00101-le-conseil-d-etat-decidera-de-la-vie-ou-de-la-mort-de-vincent-lambert.php
29. Les lésions cérébrales de Vincent Lambert sont « irréversibles ». Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/05/06/01016-20140506ARTFIG00048-les-lesions-cerebrales-de-vincent-lambert-sont-irreversibles.php
30. Affaire Lambert : le « processus de fin de vie » relancé. Le Figaro, 2015. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/07/08/01016-20150708ARTFIG00281-affaire-lambert-le-processus-de-fin-de-vie-relance.php
31. Affaire Vincent Lambert : trois leçons d’une tragédie sans précédent. Le Figaro, 2015. http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/21/31003-20150721ARTFIG00238-affaire-vincent-lambert-trois-lecons-d-une-tragedie-sans-precedent.php
32. Affaire Lambert: 90 000 euros pour la communication de crise du CHU de Reims. Le Figaro, 2015. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/09/22/01016-20150922ARTFIG00336-affaire-lambert-90000-euros-pour-la-communication-de-crise-du-chu-de-reims.php
33. Fin de vie : décision attendue ce jeudi pour Vincent Lambert. Libération.fr, 2014. https://www.liberation.fr/societe/2014/01/16/fin-de-vie-decision-attendue-ce-jeudi-pour-vincent-lambert_973218
34. Vincent Lambert, une tragédie familiale ponctuée de recours en justice. La Croix, 23 juillet 2015. https://www.la-croix.com/Actualite/France/Vincent-Lambert-une-tragedie-familiale-ponctuee-de-recours-en-justice-2015-07-23-1337536
35. Affaire Lambert : la tutelle accordée à sa femme remise en cause en appel. Le Figaro, 2016. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/06/09/01016-20160609ARTFIG00385-affaire-lambert-la-tutelle-accordee-a-sa-femme-remise-en-cause-en-appel.php
36. Vincent Lambert : son neveu saisit le Conseil d’État et menace le CHU de Reims. Le Figaro, 2016. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/10/12/01016-20161012ARTFIG00396-vincent-lambert-son-neveu-saisit-le-conseil-d-etat-et-menace-le-chu-de-reims.php
37. Un juge ordonne l’interruption d’une procédure d’euthanasie. Le Figaro, 2013. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/05/16/01016-20130516ARTFIG00454-un-juge-ordonne-l-interruption-d-une-procedure-d-euthanasie.php
38. Vincent Lambert : le Conseil d’État s’en remet à un collège de juges. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/02/06/97001-20140206FILWWW00195-vincent-lambert-le-conseil-d-etat-decidera-dans-le-courant-de-la-semaine-prochaine.php
39. Vincent Lambert : la décision du tribunal demain. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/15/97001-20140115FILWWW00445-vincent-lambert-la-decision-du-tribunal-demain.php
40. Rachel Lambert : « Une décision qui rajoute de la violence à la violence ». Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/16/01016-20140116ARTFIG00567-la-famille-de-vincent-lambert-se-divise-sur-l-interpretation-de-la-loi-leonetti.php
41. Vincent Lambert: le CHU de Reims déposera un recours devant le Conseil d’État. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/29/97001-20140129FILWWW00643-vincent-lambert-le-chu-de-reims-deposera-un-recours-devant-le-conseil-d-etat.php
42. Vincent Lambert : le Conseil d’État examinera le dossier jeudi matin. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/31/97001-20140131FILWWW00213-vincent-lambert-le-conseil-d-etat-examinera-le-dossier-jeudi-matin.php
43. Affaire Lambert : la justice s’oppose à l’euthanasie passive du patient. Le Monde, 16 janvier 2014. https://www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/16/la-justice-s-oppose-a-l-euthanasie-passive-de-vincent-lambert_4349386_1651302.html
44. Vincent Lambert, la mort suspendue. Libération.fr, 2014. https://www.liberation.fr/societe/2014/01/16/vincent-lambert-la-mort-suspendue_973434
45. Vincent Lambert, otage d’une histoire de famille. Libération.fr, 2014. https://www.liberation.fr/societe/2014/01/28/vincent-lambert-otage-d-une-histoire-de-famille_976213
46. Pour l’épouse de Vincent Lambert, « on a été jusqu’aux limites de la médecine ». Libération.fr, 2014. https://www.liberation.fr/societe/2014/02/07/pour-l-epouse-de-vincent-lambert-on-a-ete-jusqu-aux-limites-de-la-medecine_978499
47. Vincent Lambert : la justice prolonge la réflexion. Libération.fr, 2014. https://www.liberation.fr/societe/2014/02/14/vincent-lambert-la-justice-prolonge-la-reflexion_980427
48. L’affaire Vincent Lambert de retour devant le Conseil d’État. Le Monde, 10 juillet 2017. https://www.lemonde.fr/societe/article/2017/07/10/l-affaire-vincent-lambert-de-retour-devant-le-conseil-d-etat_5158242_3224.html
49. Fin de vie : nouveau bras de fer autour du cas Vincent Lambert. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/13/01016-20140113ARTFIG00357-fin-de-vie-nouveau-bras-de-fer-autour-du-cas-vincent-lambert.php
50. La tutelle de Vincent Lambert attribuée à son épouse. La Croix, 9 décembre 2016. https://www.la-croix.com/Sciences/Ethique/La-tutelle-Vincent-Lambert-attribuee-epouse-2016-12-09-1200809310
51. Le neveu de Vincent Lambert écrit à Hollande. Le Figaro, 2017. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/01/16/97001-20170116FILWWW00215-le-neveu-de-vincent-lambert-ecrit-a-hollande.php
52. Vincent Lambert : la justice confirme sa tutelle à son épouse. Libération.fr, 2016. https://www.liberation.fr/france/2016/12/08/vincent-lambert-la-justice-confirme-sa-tutelle-a-son-epouse_1533948
53. Le neveu de Vincent Lambert écrit à François Hollande. Libération.fr, 2017. https://www.liberation.fr/france/2017/01/16/le-neveu-de-vincent-lambert-ecrit-a-francois-hollande_1541780
54. Nouveau recours du couple Lambert contre l’arrêt des traitements de leur fils. La Croix, 15 janvier 2014. https://www.la-croix.com/Actualite/France/Nouveau-recours-du-couple-Lambert-contre-l-arret-des-traitements-de-leur-fils-2014-01-15-1089123
55. Affaire Vincent Lambert : « C’est un des cas les plus graves que vous ayez à juger en France ». Le Monde, 7 janv 2015. https://www.lemonde.fr/sante/article/2015/01/07/l-affaire-lambert-devant-les-juges-europeens_4550475_1651302.html
56. Affaire Lambert, une décision de la Cour européenne très attendue. La Croix, 5 juin 2015. https://www.la-croix.com/Ethique/Actualite/Affaire-Lambert-une-decision-de-la-Cour-europeenne-tres-attendue-2015-06-05-1320005
57. Clavreul FB et L. Affaire Vincent Lambert devant la CEDH : l’ultime recours. Le Monde, 6 janvier 2015. https://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/06/affaire-vincent-lambert-devant-la-cedh-l-ultime-recours_4550336_3224.html
58. Béguin F. Affaire Lambert : les pro-vie contre-attaquent. Le Monde, 7 mai 2015. https://www.lemonde.fr/fin-de-vie/article/2015/05/07/lambert-contre-lambert-vivre-ou-laisser-mourir_4629289_1655257.html
59. La contre-offensive des parents Lambert. Le Monde, 17 juill 2015. https://www.lemonde.fr/fin-de-vie/article/2015/07/17/la-contre-offensive-des-parents-lambert_4686988_1655257.html
60. APMnews - Affaire Vincent Lambert : observations contrastées de l’Académie de médecine, du CCNE, de l’ordre des médecins et de Jean Leonetti. https://www.apmnews.com/nostory.php?uid=123101&objet=248188
61. Jean Leonetti réagit au cas de Vincent Lambert. La Croix, 17 mai 2013. https://www.la-croix.com/Ethique/Bioethique/Jean-Leonetti-reagit-au-cas-de-Vincent-Lambert-2013-05-17-961341
62. Autour du lit de Vincent Lambert, le conflit familial se poursuit. La Croix, 29 mai 2013. https://www.la-croix.com/Archives/2013-05-29/Autour-du-lit-de-Vincent-Lambert-le-conflit-familial-se-poursuit-2013-05-29-966478
63. Fin de vie : pour le juge des référés, les médecins doivent consulter l’ensemble de la famille. Le Monde, 17 mai 2013. https://www.lemonde.fr/sante/article/2013/05/17/fin-de-vie-pour-le-juge-des-referes-les-medecins-doivent-consulter-l-ensemble-de-la-famille_3289636_1651302.html
64. Pr Didier Sicard : « La mort ne peut être un droit ». Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2014/01/14/10001-20140114ARTFIG00562-pr-didier-sicardla-mort-ne-peut-etre-un-droit.php
65. Ce que revèle l’affaire Vincent Lambert des dérives de la médecine. Le Figaro, 2014. http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/06/23/31003-20140623ARTFIG00333-ce-que-revele-l-affaire-vincent-lambert-des-derives-de-la-medecine.php
66. Fin de vie : « La justice doit appliquer la loi, non en inverser le sens ». Le Monde, 17 janvier 2014. https://www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/17/fin-de-vie-la-justice-doit-appliquer-la-loi-non-en-inverser-le-sens_4349692_1651302.html
67. Béguin F. Affaire Lambert : médical, politique, militant... Regards sur l’arrêt du Conseil d’État. Le Monde, 25 juin 2014. https://www.lemonde.fr/societe/article/2014/06/25/affaire-lambert-medical-politique-militants-regards-sur-l-arret-du-conseil-d-etat_4444954_3224.html
68. La question du partage des pouvoirs entre médecins et juges est posée. Le Monde, 17 janvier 2014. https://www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/17/la-question-du-partage-des-pouvoirs-entre-medecins-et-juges-est-posee_4349874_1651302.html
69. De Vincent Humbert à Lambert, revenir au sens de la vie. Libération.fr, 2014. https://www.liberation.fr/societe/2014/06/29/de-vincent-humbert-a-lambert-revenir-au-sens-de-la-vie_1053393
70. Affaire Vincent Lambert : « Ce n’est pas aux juges de faire de la médecine ». Libération, 2014. https://www.liberation.fr/societe/2014/01/16/ce-n-est-pas-aux-juges-de-faire-de-la-medecine_973447
71. Fin de vie : la loi a bon dos. Libération.fr, 2014. https://www.liberation.fr/societe/2014/07/03/fin-de-vie-la-loi-a-bon-dos_1056716
72. Mgr Pierre D’Ornellas : « Vincent Lambert nous oblige à la réflexion ». La Croix, 11 juin 2015. https://www.la-croix.com/Actualite/France/Mgr-Pierre-D-Ornellas-Vincent-Lambert-nous-oblige-a-la-reflexion-2015-06-11-1322470
73. Le débat se poursuit autour du sort de Vincent Lambert. La Croix, 8 juin 2015. https://www.la-croix.com/Actualite/France/Le-debat-se-poursuit-autour-du-sort-de-Vincent-Lambert-2015-06-08-1321109
74. Les enjeux éthiques de l’affaire Lambert. La Croix, 5 juin 2015. https://www.la-croix.com/Archives/2015-06-05/Les-enjeux-ethiques-de-l-affaire-Lambert.-ENTRETIEN-CORINE-PELLUCHON-philosophe-professeur-a-l-universite-de-Franche-Comte-specialiste-de-philosophie-politique-et-d-ethique-appliquee-1-L-affaire-Lambert-revele-une-erosion-de-la-confiance-dans-les-medecins-2015-06-05-1320379
75. Vincent Lambert : l’après-5 juin 2015. Le Figaro, 2015. http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/06/03/31003-20150603ARTFIG00305-vincent-lambert-l-apres-5-juin-2015.php
76. Vincent Lambert : le droit, la justice et l’ombre d’Antigone. Le Figaro, 2015. http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/15/31003-20150715ARTFIG00114-vincent-lambert-le-droit-la-justice-et-l-ombre-d-antigone.php