Si de nombreux facteurs influencent la formation des amitiés, tels que la proximité géographique ou les similitudes interpersonnelles, les mécanismes cérébraux impliqués restent mal compris. Une étude américaine a ainsi cherché à déterminer si les similarités des réponses neurales à des stimuli naturalistes (ressemblant à l’expérience du quotidien), mesurées par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) avant toute interaction sociale, pouvaient prédire la proximité future dans un réseau social donné, ainsi que les évolutions de cette proximité sur une période de six mois.L’étude a porté sur 41 participants (âge moyen : 28,6 ans ± 2,15 ans), dont 34,15 % de femmes, issus d’une cohorte de 288 étudiants en première année de MBA dans une université américaine. Les participants ont bénéficié d’une IRMf dès leur arrivée sur le campus, afin de limiter les opportunités d’interaction sociale préalable. Pendant l’IRMf, ils ont visionné 14 courts extraits vidéo, couvrant des styles et sujets variés, sélectionnés pour être engageants et susciter des différences interindividuelles significatives dans les réponses neurales. Le réseau social des participants a été caractérisé à deux mois (T2) et huit mois (T3) après le début du programme, via un questionnaire en ligne évaluant les liens d’amitié réciproques. Pour chaque paire de participants, la similarité neurale a été calculée dans 214 régions cérébrales. Les distances sociales ont été définies comme le nombre minimal de liens d’amitié réciproques nécessaires pour relier deux individus.Les résultats révèlent que les participants ayant développé une amitié après huit mois avaient une similarité neurale préexistante significativement plus élevée dans le cortex orbitofrontal gauche que ceux séparés par trois degrés de distance sociale. Les similarités sociodémographiques expliquaient partiellement la différence dans le cortex orbitofrontal mais pas les autres associations. Ces résultats suggèrent que des similarités neurales, reflétant des compatibilités interpersonnelles profondes, pourraient être des précurseurs de la formation de liens sociaux. L’étude s’appuie cependant sur un petit échantillon de participants, dans un contexte spécifique, pouvant introduire des biais.

Références
Nat Hum Behav 2025;9(11):2285-98. Shen YL, Hyon R, Wheatley T, et al. Neural similarity predicts whether strangers become friends.PMID : 40760034