Sophie, 7 ans, consulte car, depuis 2 mois, elle a une gêne au niveau des pieds. 
Les symptômes sont apparus après un séjour d’un mois au Venezuela, durant lequel la patiente a marché sur la plage, toujours pieds nus. Elle évoque des mouvements au niveau de ses pieds, comme si elle était colonisée par des vers. L’examen montre des maculo-papules (figure, flèches vertes), ainsi que des sillons (figure, flèche rouge).

La larva migrans est une parasitose cutanée due aux larves d’un helminthe (ankylostome) qui se loge sous la peau. La transmission de ce parasite à l’homme s’effectue par le biais d’un animal – le plus souvent le chien. Les matières fécales de l’animal sont dispersées sur les plages et la contamination est secondaire à un contact cutané favorisé par la marche pieds nus. Géographiquement, cette affection est observée dans les Caraïbes, l’Afrique, l’Asie du Sud-Est, l’Amérique du Nord (partie sud) et l’Amérique du Sud.

Cliniquement, les lésions apparaissent quelques jours après la contamination. Elles sont inflammatoires – maculo-papuleuses voire bulleuses –, prurigineuses – l’intensité est variable –, mais se caractérisent surtout par un trajet serpigineux de couleur rouge, le parasite restant sous la peau. Le sillon généré par la mobilisation de la larve a le plus souvent un diamètre de 3 mm, il se situe généralement au niveau des chevilles et des pieds. Dans certains cas, on peut objectiver un syndrome de Löeffler secondaire à une migration pulmonaire d’Ancylostoma braziliense. Les larves meurent en général après 2 mois, mais il est possible d’observer le parasite encore 12 mois après la contamination. 

Le diagnostic est essentiellement clinique : il repose sur la mise en évidence des sillons caractéristiques. Au niveau biologique, une hyperéosinophilie est présente dans 30 % des cas. 

Le traitement le plus efficacerepose sur l’utilisation de l’ivermectine (200 µg/kg en une prise unique). Ce traitement permet la disparition de la symptomatologie (prurit et migration parasitaire) en 2 à 3 jours. 

En prévention, il est fondamental de conseiller le port de chaussures sur les plages des pays où sévit cette parasitose. 

Pour en savoir plus
Gantois D, Albert C, Gunepin D, et al. Larva migrans. Rev Prat Med Gen 2015;29(944):517. 

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