L’association d’une vaccination efficace et d’une mobilisation internationale a permis d’éradiquer la variole en 1980. Le choléra a régressé au début du XXe siècle par l’assainissement des eaux de consommation, mais il continue à sévir dans les pays sans accès à l’eau potable. L’amélioration des conditions de vie est indispensable pour lutter efficacement contre Plasmodium falciparum. Les volontés politiques sont fondamentales en matière de prévention.Les maladies transmises par le moustique Aedes (dengue, chikungunya ou Zika) sont difficiles à prévenir car Aedes albopictus, dit « moustique tigre », s’est largement installé dans de larges zones du fait du réchauffement climatique. De nouvelles technologies de prévention émergent comme le lâcher de moustiques infectés par une bactérie, ce qui réduit leur potentiel de transmission virale sans effet indésirable pour l’environnement.Les nombreux agents pathogènes respiratoires se transmettent par les microgouttelettes contaminées de la respiration, particulièrement en milieu intérieur mal ventilé. La stratégie vaccinale exclusive nécessite des niveaux de couverture très élevés (plus de 95 % pour la rougeole). Or le scepticisme vaccinal se répand dans le monde et on constate une remontée des cas de maladies comme la rougeole. Une approche simple et proactive combinant la vaccination à la qualité de l’air intérieur grâce à une ventilation correcte des espaces clos et au port de masque de protection permettrait un meilleur contrôle.Pour de nombreux agents pathogènes, comme les rotavirus, les mécanismes de transmission ne sont pas encore bien connus. Le lavage des mains et les solutions hydroalcooliques semblent avoir contribué à la réduction des gastroentérites pendant la pandémie de Covid- 19, et la dynamique épidémique saisonnière des gastroentérites ressemble à celle des vagues de grippe, ce qui suggère aussi une transmission par voie respiratoire.Une prise de conscience collective exigeant la mise en oeuvre de politiques publiques de lutte contre les risques infectieux épidémiques est nécessaire. D’une part, la lutte contre la désinformation doit être solide et, d’autre part, l’évaluation précise des coûts/bénéfices résultant des investissements en matière de prévention est importante pour prioriser en connaissance de cause les mesures préventives les plus efficaces au moindre coût.La surveillance microbiologique des eaux usées est une approche efficace et économique. Elle permet d’évaluer l’intensité de la circulation des virus et de détecter précocement l’arrivée de nouveaux variants alors que la détection d’agents pathogènes dans l’air reste lourde et coûteuse.
Antoine Flahault, épidémiologie et santé publique, Paris, France
7 octobre 2025