Le prix Nobel de physiologie et de médecine a été attribué cette année à Gregg L. Semenza (Baltimore), sir Peter J. Ratcliffe (Oxford) et William G. Kaelin Jr (Harvard) pour leurs travaux de recherche sur les mécanismes moléculaires impliqués dans l’adaptation des cellules aux variations du taux d’oxygène.

Description de la voie de l’hypoxie et des découvertes réalisées

Ces recherches ont eu comme point de départ l’identification, en 1990, des mécanismes responsables de la régulation de l’érythropoïétine (EPO), hormone qui stimule la production de globules rouges en réponse à la baisse du taux d’oxygène (hypoxie).

Érythropoïétine

Dès 1863, une association entre la survenue de polyglobulies et la vie en haute altitude avait été notée, mais c’est en 1905 que Paul Carnot identifie l’EPO (appelée initialement hémopoïétine) après avoir constaté que l’injection de sérum de lapins anémiques stimulait la production de globules rouges chez des lapins normaux. La synthèse de l’EPO par le rein a été découverte en 1957, puis il a été montré qu’elle était également produite par le foie fœtal. Le gène codant l’EPO a été découvert en 1985, et le principal site de pro­duction de l’EPO chez l’adulte a été identifié en 1988 dans les cellules interstitielles péritubulaires du rein.

Un facteur nommé HIF

C’est sur la base de ces travaux que Gregg Semenza puis Peter Ratcliffe (fig. 1) ont débuté leurs recherches. L’utilisation de lignées de souris transgéniques dans lesquelles le gène de l’EPO humaine avait été inséré a permis la mise en évidence d’une région capable de stimuler son expression par l’hypoxie et de fixer un facteur appelé hypoxia inducible factor (HIF) identifié en 1992 et purifié en 1995 par Guo-Liang Wang et Gregg Semenza.1 Il s’agit d’un hétérodimère constitué d’une sous-unité alpha (HIF1, HIF2 ou HIF3) et d’une sous-unité bêta.
En 1998, Semenza a montré que la perte de HIF1 alpha était létale chez la souris et que HIF1 alpha jouait également un rôle majeur dans le métabolisme glycolytique, confirmant des résultats précédemment obtenus par Ratcliffe. La même année, l’impli­cation de HIF dans l’angiogenèse tumorale, la prolifération cellulaire et l’apoptose était aussi démontrée.
La communauté scientifique et médicale s’est très vite intéressée à cette nouvelle voie biologique, notamment dans le domaine du cancer, dont une des caractéristiques est la...

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR