Marc, 36 ans, consulte pour des lésions à type d’aphtes géants évoluant depuis plusieurs années au niveau de la langue (figure) et des joues, peu invalidantes. Ces formations surviennent de manière cyclique, mais avec une récurrence de plus en plus rapprochée. En parallèle, il se plaint de douleurs abdominales, parfois associées à une diarrhée, ayant débuté il y a plus de huit ans. Les biopsies au niveau d’une lésion ulcérée linguale, ainsi qu’au niveau de l’iléon, ont permis de poser le diagnostic.

La maladie de Crohn survient le plus souvent avant l’âge de 30 ans. Le sex ratio est égal à 1. 

Les manifestations orales s’observent dans près de 10 % des cas :

  • ulcérations linéaires au niveau du vestibule ou du plancher buccal et de la face interne des joues. Des ulcérations nécrotiques apparentées à des aphtes géants peu douloureux peuvent également être observées. Dans ce cas, une cavité centrale avec un fond nécrotique de couleur blanc-jaune est mise en évidence. Au niveau des lèvres et des joues, il est possible d’objectiver des formations ulcérées pavimenteuses ;
  • macrochéilites des lèvres inférieures avec parfois une perlèche ; ces chéilites granulomateuses s’associent à un œdème pouvant s’étendre au niveau du menton, des joues et des paupières ; 
  • hypertrophie gingivale inflammatoire au niveau de la partie antérieure de la gencive ; 
  • lésions à type de pyostomatite végétante (miliaire pustuleuse de la muqueuse gingivale et labiale) ou de pustulose à immunoglobuline A intraépithéliale ;
  • pseudopolypes plus ou moins papuleux ayant une consistance molle au niveau de la face interne des joues, des lèvres et du vestibule. 
 

Le diagnostic se fait sur la biopsie d’une lésion, retrouvant des granulomes épithélioïdes et gigantocellulaires caséeux dans 80 % des cas. 

Le traitement repose sur les dérivés d’acide 5 -aminosalicylique, voire sur les corticoïdes, les immunosuppresseurs, les biothérapies. Dans certains cas, l’exérèse chirurgicale de lésions intestinales évoluées est nécessaire. À titre préventif, l’arrêt définitif d’un éventuel tabagisme est indiqué. 

Pour en savoir plus
Wils P, Pariente B. Maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique ? Rev Prat 2018;68:e119.
Cherbi S, Wierzba CB. Manifestations buccales des maladies systémiques : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Actualités Odonto-Stomatologiques 2009;246:113-27.

Une question, un commentaire ?

promo