Médecin généraliste à Pantin (Seine-Saint-Denis), ville limitrophe de Paris, il co-anime un projet de maison de santé pluridisciplinaire (MSP) dans cette commune.

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Je travaille beaucoup avec une infirmière et trois sages-femmes à qui j’adresse toutes mes patientes pour le suivi gynécologique, qu’elles font bien mieux que moi : elles ont l’habitude, sont douces et prennent le temps. Ensemble nous parlons beaucoup des femmes qui posent problème. Ces quatre professionnelles cherchaient un local et j’avais moi-même en tête l’idée de monter une MSP. Cela avait entre autres avantages celui de rémunérer la coordination, très prenante mais pas payée, donc faite dans de mauvaises conditions (le soir, après une journée souvent fatigante). Deux généralistes ayant rejoint le projet, ce « noyau dur » a monté une SCI (société civile immobilière) pour acheter un local. Depuis, nous avons été rejoints par deux autres infirmières libérales, une psychologue, une rééducatrice en nutrition et une ostéopathe, qui seront locataires de la maison, mais partie prenante du projet.
Nous nous sommes beaucoup réunis, quasiment une fois par semaine, non seulement pour nous mettre d’accord sur la structure à mettre en place, mais aussi pour nous connaître. Il est très important de se familiariser avec les autres, passer de bons moments et voir comment ils se comportent en cas de coup dur (ce qui ne manque pas quand vous montez une MSP !). Ça n’évite pas les tensions mais ça permet de les résoudre, parce que nous nous sommes choisis et que fondamentalement nous nous apprécions.
Le point de départ, c’est que chacun travaille en coordination avec d’autres professionnels tout en gardant son indépendance à l’égard de ses patients. À partir de là, chacun développe ses propres idées. Entre généralistes, nous travaillons beaucoup sur l’harmonisation de nos pratiques, par exemple, sur l’antibiothérapie ou les arrêts de travail. Une infirmière veut développer le dispositif Asalée, que je trouve formidable parce qu’il donne la possibilité aux patients chroniques d’avoir des consultations infirmières longues, complémentaires de celles du médecin, notamment pour l’éducation thérapeutique et le repérage des problèmes sociaux, et sans avance de frais. Avec les sages-femmes, les généralistes et la psychologue, elle voudrait mettre en place un dispositif pour les femmes victimes de violences, notamment conjugales. Une sage-femme travaille sur les problèmes des populations transsexuelles, j’aimerais participer avec elle à la prise en charge des patients sous trithérapie préventive (PrEP), qui se fait actuellement surtout à l’hôpital. Une autre souhaite intervenir dans les écoles sur le thème de la prévention sexuelle et organiser une journée...

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