Le lupus érythémateux cutané est l’atteinte la plus fréquente du lupus érythémateux systémique avec atteinte rhumatologique, mais il peut aussi se présenter de manière isolée, strictement limitée à la peau. Le lupus cutané lui-même affecte la qualité de vie par l’altération de l’image corporelle, de la vie professionnelle, les limitations des activités de plein air du fait de la photosensibilisation… De plus, comme dans d’autres maladies inflammatoires chroniques, l’inflammation pourrait jouer un rôle par elle-même. Ainsi, plusieurs éléments interagissent dans ce contexte et sont susceptibles de favoriser le développement de troubles dépressifs et anxieux, créant un cercle vicieux.De fait, le lupus cutané semble souvent associé à des troubles psychiatriques dépressifs et anxieux, qui nécessitent d’être recherchés systématiquement. Un diagnostic précis est indispensable afin d’adapter la proposition thérapeutique. Par ailleurs, la présence de symptômes anxieux doit conduire à être vigilant quant à la survenue de troubles psychiatriques ultérieurs.Le traitement des troubles dépressifs et anxieux repose sur une pharmacothérapie, une éducation thérapeutique et une psychothérapie. L’aide au sevrage tabagique est indispensable. Une étude a montré un impact péjoratif des troubles psychiatriques sur l’évolution du lupus cutané et, à l’inverse, un impact favorable sur le lupus cutané lorsque les troubles psychiatriques sont traités. Par ailleurs, certains médicaments traitant le lupus cutané peuvent avoir des effets indésirables psychiatriques, à connaître. L’amélioration du lupus cutané par un traitement dermatologique efficace peut aussi favoriser celle des symptômes dépressifs et anxieux.

Isabelle Jalenques, service de psychiatrie adulte, CHU de Clermont-Ferrand, France

13 janvier 2026