Monsieur X., 72 ans, sans antécédents particuliers, consulte pour une masse testiculaire droite indolore, qui augmente progressivement de volume depuis un mois.
L’examen clinique met en évidence une masse testiculaire droite dure, non douloureuse. Il n’y a pas d’adénopathie périphérique. L’examen neurologique est normal.
Les dosages de l’alphafœtoprotéine (AFP) et de la gonadotrophine chorionique (β-HCG) sont normaux, mais le taux de lactate déshydrogénase (LDH) est 1,5 fois plus élevé que la normale.
L’échographie révèle une masse hypoéchogène hétérogène du testicule droit (figure). Le TEP-scan montre également une fixation isolée au même niveau, sans atteinte ganglionnaire ni viscérale.
L’IRM cérébrale et la ponction lombaire sont sans anomalies.
Une orchidectomie droite est réalisée. L’analyse histologique révèle un lymphome diffus à grandes cellules B (CD20 +), avec un marqueur de prolifération (Ki67) à 90 %, sans envahissement de l’albuginée ni de l’épididyme.
Le patient a été traité par six cycles de R-CHOP toutes les trois semaines, puis par radiothérapie prophylactique du testicule controlatéral (30 Gy en 15 fractions). Compte tenu de l’absence de facteurs de risque spécifiques, aucune prophylaxie du système nerveux central n’est mise en place.
Le patient a bien toléré le traitement. Une évaluation post-thérapeutique par TEP-scan a confirmé la rémission complète. À vingt-quatre mois, aucun signe de rechute n’a été détecté.

Le lymphome testiculaire primitif (LTP) est une entité rare, représentant moins de 2 % des lymphomes non hodgkiniens et environ 5 % des tumeurs testiculaires.1 Il s’agit le plus souvent d’un lymphome diffus à grandes cellules B, touchant principalement les sujets âgés. Il se manifeste par une masse testiculaire, généralement unilatérale, indolore. Il est souvent diagnostiqué tardivement en raison de son aspect trompeur, mimant une tumeur germinale. Il faut y penser devant une masse testiculaire chez un homme âgé de plus de 60 ans, surtout si les marqueurs tumoraux sont normaux.

La prise en charge repose sur l’orchidectomie, suivie d’une chimiothérapie de type R-CHOP, d’une radiothérapie prophylactique du testicule controlatéral, et parfois d’une prophylaxie du système nerveux central (SNC).

Le pronostic dépend du stade initial, de l’âge et de la réponse au traitement. Il reste réservé, comparé à celui des autres lymphomes diffus à grandes cellules B. Le LTP se caractérise par un risque élevé de rechute, parfois tardive, dans des sites extranodaux (testicule controlatéral, SNC, séreuses).1,2 Le suivi doit donc être prolongé, avec une vigilance sur le plan neurologique. Une approche multidisciplinaire est indispensable pour une prise en charge optimale. 

Références
1. Dabaja BS, Specht L, Yahalom J. Lymphoblastic Lymphoma: Guidelines from the International Lymphoma Radiation Oncology Group (ILROG). Int J Radiat Oncol Biol Phys 2018;102(3):508-14.
2. Zouhair A, Herrmann E, Ugurluer G, et al. Primary testicular lymphoma. Swiss Med Wkly 2010;140:w13076. 

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