La spécificité des adolescents (impulsivité, labilité...) les rend particulièrement fragiles. Dans le monde, un jeune sur six souffre de maladie mentale, et le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes. En France, 15 à 20 % de cette classe d’âge sont concernés. Les facteurs les plus étudiés concernent les conditions socio-économiques, les difficultés de genre, la pression scolaire et sociale ; les enfants y sont particulièrement sensibles dans la société moderne car plus isolés, dans des fratries moins nombreuses, et exposés aux réseaux sociaux.La maison des adolescents, un concept français, commence à être imitée à l’international (Mexique, Maroc, Pays-Bas...). La première a été créée au Havre en 1999, face au constat qu’il manquait un lieu dédié à cette tranche d’âge, induisant un nomadisme médical et une dégradation tragique des conditions de santé. Le plan quinquennal 2004 prévoyait au moins une maison des adolescents par département : il y en a 125 en France, dans presque tous les départements, sauf l’Aisne et la Lozère. Le concept ? Une entrée par classe d’âge (et non par pathologie) de 11 à 18 ans, voire 25 ans, et un accueil inconditionnel, sans adressage, gratuit et confidentiel, avec une vocation territoriale.La maison des adolescents procède à une évaluation des besoins sanitaires et sociaux. Elle peut mettre en route des soins, individuels et en groupe, et/ou une coordination du suivi par des parcours coordonnés avec le secteur médico-social. L’axe fondamental de travail est la prévention du suicide. La prise en charge ne peut être que globale, incluant les parents. Les maisons des adolescents travaillent en relation avec l’Éducation nationale. Le financement se fait par dotation ministérielle annuelle passant par les agences régionales de santé, à laquelle s’ajoutent des dotations complémentaires (villes, associations...).
Pr Marie-Rose Moro, Maison de Solenn, Paris, France
24 mars 2026