La maladie associée aux IgG4 (MAG4) est une maladie d’identification récente qui comprend plusieurs pathologies pseudotumorales et inflammatoires. Préalablement nommées différemment par les spécialistes d’organes concernés, ces maladies ont été regroupées sous ce terme puisqu’elles partagent les mêmes anomalies histologiques (infiltration lymphoplasmocytaire polyclonale et fibrose avec contingent important de plasmocytes IgG4 + en immunohistochimie), avec le plus souvent une élévation des IgG4 sériques et une sensibilité aux corticoïdes.
Un protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) a été élaboré pour améliorer la prise en charge diagnostique et thérapeutique et le parcours de soins des patients atteints de MAG4. Il a été mis en ligne le 15 décembre 2025 par la HAS. Que retenir en médecine générale ?
Quand l’évoquer ?
La maladie est très polymorphe et les premiers signes sont le plus souvent constatés par le médecin généraliste. Les symptômes sont liés au caractère « tumoral », qui est soit visible cliniquement (gonflement/hypertrophie des glandes salivaires ou lacrymales, exophtalmie en cas d’atteinte de l’orbite par ex.), soit responsable de compression de tissus adjacents (ictère par compression des voies biliaires par l’atteinte du pancréas, douleurs lombaires en cas de fibrose rétropéritonéale, signes neurologiques si pachyméningite, dysurie par atteinte prostatique, etc.).
Les principales situations qui doivent faire évoquer ce diagnostic sont les pancréatites, les cholangites, une tuméfaction des glandes salivaires et/ou lacrymales, une fibrose retropéritonéale, une aortite, des adénopathies et une insuffisance rénale par néphrite interstitielle. Les symptômes sont le plus souvent d’apparition progressive. Les signes généraux sont rares.
Des anomalies biologiques orientent vers le diagnostic :
- non spécifiques : hypergammaglobulinémie polyclonale, élévation des IgG4 sériques, consommation du complément ;
- associées à des atteintes d’organes évocatrices : cholestase ictérique au bilan hépatique (en cas d’atteinte biliaire), hyperglycémie (pancréas), insuffisance rénale et protéinurie tubulaire (reins).
La confirmation du diagnostic nécessite le plus souvent une biopsie de l’organe atteint.
Prise en charge thérapeutique
L’évolution lente ne doit pas faire oublier le risque de séquelles avec dysfonctions d’organes (insuffisance pancréatique ou rénale…), liées au caractère fibrosant des lésions.
La prise en charge nécessite le plus souvent une évaluation multidisciplinaire coordonnée par un médecin hospitalier spécialiste.
Le traitement de première ligne est la corticothérapie per os, à 0,4 à 0,6 mg/kg/jour pendant 2 à 4 semaines puis diminuée progressivement, pour un arrêt complet si possible à 3 mois. Une rémission est obtenue dans plus de 90 % de cas. En l’absence de réponse à ce traitement,le diagnostic doit être remis en cause.
Cependant, les rechutes sont très fréquentes lors de l’arrêt ou la diminution des corticoïdes. Il est donc habituellement proposé, en relais, un autre traitement immunosuppresseur.
Le patient doit être informé des signes cliniques avant-coureurs d’une poussée évolutive, afin de favoriser une prise en charge précoce. La mise à jour des vaccinations, en particulier sous traitement immunosuppresseur, est un volet essentiel de la prévention. L’activité physique doit être encouragée.
Le suivi varie en fonction du type d’atteinte de la maladie et du traitement (en général : trois mois après l’instauration du traitement puis tous les six mois). Une évaluation spécialisée est nécessaire pour réévaluation de l’activité de la maladie et à chaque modification de traitement.
Ressources pour les professionnels de santé
FAI²R – Filière de santé des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares : www.fai2r.org
Orphanet : www.orpha.net
Filières de santé maladies rares : https ://www.filieresmaladiesrares.fr
SNFMI – Société nationale française de médecine interne : www.snfmi.org
Centre de référence sur les agents tératogènes : www.lecrat.fr
Protocole national de diagnostic et de soins. Maladie associée aux IgG4 – Pathologies infiltratives et fibrosantes associées aux IgG4. Synthèse à destination du médecin traitant. Décembre 2025.