Un garçon de 14 jours, né à terme sans antécédent particulier, est vu en consultation pour une tuméfaction mammaire unilatérale apparue depuis quarante-huit heures. À l’examen, le sein droit est tuméfié, induré, sensible à la palpation, avec un érythème cutané localisé. L’enfant est apyrétique, a un bon tonus et s’alimente correctement. Le sein controlatéral est discrètement hypertrophié, sans signes inflammatoires.

L’hypertrophie mammaire néonatale est une situation fréquente et physiologique observée chez 60 à 90 % des nouveau-nés. Elle serait due à la baisse du taux d’œstrogènes maternels, déclenchant une sécrétion néonatale de prolactine. Les prématurés sont rarement concernés du fait de l’immaturité de leur tissu mammaire. Le plus souvent bilatérale, elle régresse en quelques mois et ne nécessite qu’une surveillance clinique. Plusieurs entités cliniques d’hypertrophie mammaire néonatale sont possibles (tableau). La galactorrhée, parfois observée dans ce contexte, peut favoriser une colonisation bactérienne et évoluer vers une véritable infection mammaire.

La mastite néonatale survient avant l’âge de 5 semaines, avec un pic autour de la troisième semaine. Elle se manifeste par une tuméfaction mammaire douloureuse, chaude et érythémateuse. La fièvre est inconstante, et son absence n’élimine pas le diagnostic. Le germe le plus souvent en cause est Staphylococcus aureus (plus de 80 % des cas), plus rarement les streptocoques du groupe B ou des bacilles Gram négatif. Les manipulations traumatiques (comme l’expression du « lait de sorcière », pratique autrefois courante mais désormais proscrite) en constituent un facteur de risque.

Le diagnostic est clinique ; toutefois, l’échographie peut aider à différencier une mastite simple d’un abcès collecté.

L’évolution suit trois stades : mastite, abcès collecté, puis abcès fistulisé. En l’absence de traitement, une dissémination hématogène et une septicémie peuvent survenir.

La prise en charge repose sur une antibiothérapie intraveineuse probabiliste dirigée contre S. aureus, adaptée secondairement, voire associée à un drainage chirurgical. 

Pour en savoir plus
Raveenthiran V. Neonatal mastauxe (breast enlargement of the newborn). J Neonatal Surg 2013;2(3):31.
Masoodi T, Mufti GN, Bhat JI, et al. Neonatal mastitis: A clinico-microbiological study. J Neonatal Surg 2014;3(1):2.
Jawahar A, Vade A. Sonographic features of physiologic neonatal breast enlargement. J Clin Neonatol 2014;3(2):106-8.

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