Le microbiote cutané, qui est stable au cours du temps, interagit physiologiquement et favorablement avec le système immunitaire de l’hôte. Son altération, chez des sujets génétiquement prédisposés, pourrait être à l’origine des maladies inflammatoires cutanées.

D’une surface d’environ 2 m2, la peau est une interface majeure entre l’homme et son environnement. Le microbiote cutané est constitué par l’ensemble des micro-organismes vivant sur la peau et au sein des annexes cutanées : principalement des bactéries (plus de 1 000 espèces différentes) mais aussi des archéobactéries, des levures, des champignons et des acariens. L’épiderme constitue la barrière protectrice des structures sous-jacentes : le derme et l’hypoderme. Sa structure particulière et ses capacités de régénération lui confèrent une capacité exceptionnelle de protection vis-à-vis des agressions quotidiennes que subit la peau, traumatiques, chimiques et infectieuses. La couche cornée constitue un milieu hostile à la colonisation par de nombreux micro-organismes. Les kératinocytes produisent des peptides antimicrobiens, et la desquamation limite la densité microbienne. Les glandes eccrines, ou sudoripares, produisent des électrolytes et maintiennent des conditions physico- chimiques acide et salée. Les glan- des sébacées appendues aux follicules pileux produisent des lipides qui lubrifient l’épiderme et ont une activité antibactérienne et fongicide. D’une manière générale, les conditions environnementales de la surface cutanée sont un pH acide (de 4 à 5), une relative sécheresse et une température située entre la température corporelle et celle de l’environnement.

Moyens d’étude

L’étude précise des microbiotes a été rendue possible grâce au développement des technologies de séquen-çage à haut débit. Le microbiote cu-tané a principalement été étudié par amplification de parties variables du gène codant l’ARN ribosomal 16S bactérien, ou par exemple de la région ITS1 pour les champignons et levures. Si cette technologie a quelques limites, comme l’impossibilité de savoir si les micro-organismes identifiés sont vivants ou morts et de ne fournir des informations qu’au niveau du genre bactérien le plus souvent, elle permet néanmoins une bonne appréciation de la composition des microbiotes. Des études de métagénomique globale ont permis d’étendre ces données aux autres composantes microbiennes du microbiote cutané.

Composition et facteurs influençant le microbiote cutané

Le microbiote cutané est acquis à la naissance et dépend donc du mode d’accouchement. Par voie basse, il s’agit de la flore vaginale, alors que par césarienne, c’est la flore cutanée maternelle. Chez l’adulte, les bacilles à Gram positif lipophiles des genres Cutibacterium et Corynebacterium prédominent, associées aux staphylocoques à coagulase négative. Le microbiote cutané varie de manière importante selon le site anatomique.2C. acnes est l’espèce prédominante dans les zones lipidiques (tête, cou et dos). Les zones sèches et exposées...

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