Timothée, 5 ans, a une éruption maculeuse érythémateuse sur le visage et le tronc. Une semaine auparavant, il a pris un traitement par pénicilline pour une angine érythémato-pultacée. L’examen montre de volumineuses adénopathies cervicales (> 1,5 cm de diamètre), un érythème des amygdales et un œdème de la luette. Une sérologie EBV est effectuée.
La MNI est la forme symptomatique de la primo-infection par le virus d’Epstein-Barr (EBV). Sa transmission est surtout salivaire (maladie du baiser). Symptomatique dans près de la moitié des cas, elle est souvent insidieuse. Les manifestations cliniques apparaissent après une phase d’incubation de 4 à 8 semaines : angine (avec pharyngite érythémateuse ou érythémato-pultacée, et dysphagie), asthénie, fièvre (près de 38 °C), polyadénopathies (surtout cervicales). Une éruption cutanée (macules ou papules de couleur rouge) survenant après la prise d’une bêtalactamine est très évocatrice.
Le diagnostic est sérologique : test MNI, positif dès la 1re semaine d’infection dans 75 % des cas ; s’il est négatif, on recherche des IgM et IgG anti-VCA.
L’abstention thérapeutique est la règle (pas d’antibiotiques ni d’antiviraux). À titre préventif, il faut interdire la pratique de sports de combat (risque de rupture de rate).
L’évolution est souvent favorable, mais une fatigue importante persiste souvent pendant 1 à 3 mois.
Pour en savoir plus
Burlacu R, Goujard C. Syndrome mononucléosique. Rev Prat Med Gen 2017;31:103-4.