La tendance actuelle en radiothérapie, grâce à trois innovations notables, est de délivrer de hautes doses d’irradiation dans un volume cible toujours mieux défini, et donc plus restreint, afin de protéger les organes critiques et d’optimiser ainsi le rapport efficacité-tolérance.
La radiothérapie est un des traitements les plus efficaces du cancer avec un rapport coût-efficacité très favorable. Parmi les patients guéris d’un cancer, au moins 40 % ont reçu une radio­thérapie, seule ou associée à d’autres thérapeutiques. Environ 200 000 nouveaux patients sont traités par irradiation chaque année en France. C’est un traitement efficace sur les symptômes et bien toléré, y compris chez les patients fragiles et/ou âgés. Depuis la naissance de la radiothérapie en 1895, de notables progrès ont eu lieu. Ces dernières années ont été particulièrement riches en innovations technologiques comme la radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité, la radiothérapie asservie à la respiration, et la radiothérapie en conditions stéréotaxiques. Prochainement, l’intel­ligence artificielle et la protonthé­rapie vont potentiellement ouvrir la voie à de nouveaux progrès notamment en termes de tolérance.

Radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité

Il y a une quinzaine d’années, le développement de nouveaux accélérateurs linéaires avec collimateur multilames a permis une meilleure conformation et une intensité de dose modulée de grande précision. Cette technique appelée « radiothérapie conformationnelle avec modulation d’inten­sité » (RCMI) permet d’obtenir une distribution de dose parfaitement adaptée au volume cible. L’ arcthé­rapie dynamique est une nouvelle technique de RCMI qui délivre une radiothérapie modulée rotationnelle et volumétrique à la différence de la RCMI « classique » qui utilise plusieurs séries de faisceaux fixes. Ces deux techniques permettent de réaliser une irradiation très conformationnelle où les courbes d’isodoses moulent la forme géométrique des volumes-cibles.1 Elles permettent de créer des gradients de dose très importants et ainsi réduit la dose reçue par les tissus sains même s’ils sont proches du tissu tumoral (fig. 1). L’une des évolutions récentes de la radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité quand elle est combinée à un guidage par l’image en salle de traitement (image guided radiotherapy [IGRT]) conduit à une radiothérapie dite « adaptative » plus précise car tenant compte quasiment en temps réel des variations anatomiques du volume-cible ou des organes à risque au cours de l’irra­diation. La grande majorité des localisations tumorales, notamment les cancers de la prostate, du col utérin et du canal anal, profitent de ces progrès techniques même si la Haute Autorité de santé (HAS) peine à les valider selon ses critères méthodo­logiques classiques.

Irradiation avec asservissement respiratoire

La prise en compte des mouvements respiratoires a toujours été une préoccupation majeure de la radiothérapie thoracique et abdominale....

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