Le vieillissement s’accompagne souvent d’ostéoporose, sarcopénie et ostéosarcopénie, chacune de ces pathologies étant responsable d’une morbidité (fractures, en particulier) et d’une surmortalité importantes.Une stratégie efficace multimodale de prévention constitue actuellement un enjeu majeur de santé publique lié au vieillissement de la population.L’ostéosarcopénie associe ostéoporose et sarcopénie et majore les risques fonctionnels et fracturaires. La réelle prévalence de la sarcopénie et de l’ostéosarcopénie est plus difficile à évaluer que celle de l’ostéoporose du fait de l’existence de plusieurs critères de définition.Le vieillissement favorise ces pathologies, par des mécanismes communs concernant les microstructures osseuses et musculaires, au premier rang desquels l’immuno-inflammation (inflammaging), l’infiltration graisseuse médullaire et musculaire, et les modifications des interrelations entre myokines et ostéokines, constituant une diaphonie os-muscle. La vision de l’ostéoporose comme un simple déséquilibre entre la formation et la résorption au niveau des ostéoblastes et des ostéoclastes est revue, et l’os est actuellement considéré comme un organe endocrinien et immunorégulateur de l’organisme. Le vieillissement s’accompagne aussi d’une résistance de l’anabolisme protéique justifiant des besoins accrus en protéines.Le mode alimentaire et l’activité physique sont des déterminants majeurs de la santé musculaire et squelettique.Une alimentation pro-inflammatoire et/ou pro-oxydante (riche en sucres et fritures) ou une alimentation riche en aliments ultratransformés accroît le risque d’ostéoporose et de sarcopénie. L’alimentation méditerranéenne, avec sa richesse en micronutriments et en antioxydants notamment, est protectrice. Un apport en vitamine D (600 à 800 UI/j ou 50 000 UI/mois) associée au calcium (1 000 à 1 200 mg/j) avec un taux plasmatique de 25(OH)D3 supérieur à 30 ng/mL, un apport protéique autour de 1,2 g/kg/j éventuellement associé à un apport complémentaire en leucine ou en acides aminés branchés sont recommandés. Parallèlement, un exercice physique régulier comprenant résistance, marche et équilibre est efficace pour préserver la masse musculaire, limiter la perte osseuse et réduire le risque de chute et de fracture.

Jacques Delarue, service de nutrition, CHU de Brest, France

30 juin 2026