Cette fiche est téléchargeable ici. En voici l’essentiel.
L’AMP en France aujourd’hui
Chaque année en France, on compte plus de 164 000 tentatives d’AMP qui aboutissent à plus de 27 400 naissances vivantes, ce qui représente 4 % des naissances. Les techniques d’AMP disponibles sont l’insémination artificielle, la fécondation in vitro (FIV) et l’accueil d’embryon congelé.
Depuis la révision de la loi de bioéthique 2021, le projet parental peut être porté par toute femme qu’elle soit en couple (quel que soit le statut conjugal) ou célibataire. La limite d’âge est fixée à 45 ans pour la femme qui portera l’enfant et 60 ans pour l’autre membre du couple.
Les actes d’AMP sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, avec un maximum de 6 inséminations (une seule par cycle) et 4 tentatives de fécondation in vitro pour obtenir une grossesse. Les personnes issues de dons de gamètes et d’embryon ont un droit d’accès aux origines (identité des donneurs) à la majorité.
Les délais de prise en charge pour l’AMP varient selon les régions et peuvent être d’autant plus longs s’il y a besoin d’un tiers donneur (de quelques mois à plus de 2 ans). Fin décembre 2024, 2 770 femmes étaient en attente d’un don d’ovocytes, et 10 600 d’un don de spermatozoïdes.
Enfin, les parcours d’AMP réalisés à l’étranger relèvent des soins programmés soumis à autorisation préalable de l’assurance maladie.
Quand faire un bilan de fertilité et lequel ?
Un bilan minimal est indiqué en l’absence de grossesse après 12 mois d’essai pour les femmes ayant moins de 35 ans, et après 6 mois d’essai pour les plus de 35 ans. Il peut être réalisé à tout moment (dès l’âge d’entrée au collège) en cas de suspicion de pathologie du système reproductif (cycles irréguliers, endométriose...).
Il comporte :
un bilan de santé général, avec examen clinique complet et génital (chez l’homme : examen scrotal / chez la femme : examen au spéculum et toucher vaginal) ;
recherche des IST ;
spermogramme chez l’homme ;
échographie pelvienne et dosages hormonaux au 3e jour du cycle (FSH, LH, E2, TSH, PRL) chez la femme.
Les bilans d’exploration (détaillés en page 15 de la fiche) sont à réaliser selon la cause de l’infertilité et la situation des patients.
Ne pas négliger la prise en charge psychologique
Le sentiment d’un « parcours du combattant » et le manque de soutien parfois perçu par les personnes peut être éprouvant. Le médecin généraliste peut orienter les patients si besoin vers des professionnels de la santé mentale et/ou des associations de patients.
Gallot V. Premier bilan d’infertilité. Rev Prat Med Gen 2024;38(1084):61-2.