Quel rôle pour le médecin généraliste ?

La douleur liée au cancer demeure insuffisamment contrôlée pour une proportion significative de patients, malgré une prise en charge antalgique bien conduite.

En complément des traitements médicamenteux, non pharmacologiques et des thérapeutiques oncologiques spécifiques, les techniques interventionnelles invasives1 constituent une ressource précieuse. Elles ne se substituent pas aux soins de support et s’inscrivent nécessairement dans une approche globale et coordonnée.

La radiologie interventionnelle permet la réalisation de gestes ciblés (cimentoplasties, thermoablations, infiltrations, blocs neurolytiques), particulièrement pertinents dans les douleurs osseuses localisées ou certaines douleurs neuropathiques périphériques.

L’analgésie intrathécale par pompe implantable représente une alternative en cas de douleurs rebelles malgré des posologies importantes d’opioïdes ou en cas d’effets indésirables à ces derniers, en délivrant les antalgiques au plus près des récepteurs médullaires2,3.

La stimulation médullaire trouve sa place dans certaines douleurs neuropathiques souvent d’origine séquellaire4.

Plus rarement, des techniques neurochirurgicales lésionnelles peuvent être discutées dans des situations sélectionnées5.

Ces approches nécessitent une expertise spécifique et une orientation précoce. Il ne s’agit plus d’une escalade de dernier recours mais d’une stratégie anticipée6, discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire, fondée sur une analyse fine de la douleur, l’état général, le pronostic, les objectifs de soins et de qualité de vie déterminés avec le patient7

Le rôle du médecin généraliste est important : repérer une douleur insuffisamment contrôlée malgré un traitement bien conduit, identifier une intolérance médicamenteuse ou une douleur localisée potentiellement accessible à un geste ciblé. L’orientation vers une consultation spécialisée douleur, une structure d’algologie oncologique ou, demain, vers des plateformes interventionnelles dédiées doit être envisagée précocement. L’adhésion du patient aux propositions interventionnelles dépend également du regard et du soutien de son médecin traitant. Une réserve ou un manque de conviction peut constituer un frein majeur, voire un facteur d’échec, même en présence d’une indication pertinente. Mieux connaître ces options, sans en maîtriser nécessairement la technicité, permet d’éviter les impasses antalgiques. L’enjeu, pour le médecin généraliste, est d’intégrer ces ressources dans une vision globale du parcours de soins et d’accompagner le patient dans des choix éclairés, au service du maintien de sa qualité de vie. 

Encadre

Pour en savoir plus

  • RCP : rapprochez-vous de la cellule qualité opérationnelle, appelée centre de coordination en cancérologie (3C), de votre région pour accéder aux annuaires de votre région ou du CETD (cf. annuaire DGOS).

  • Analgésie intrathécale : BOIT SFETD.

  • Radiologie interventionnelle et neurochirurgie de la douleur : référentiel AFSOS.

  • Métastases osseuses. Référentiels Auvergne-Rhône-Alpes en oncologie thoracique. Mise à jour 2025. p. 41 - 4.

Références
1. Fallon M, Giusti R, Aielli F, et al. ESMO Guidelines Committee. Management of cancer pain in adult patients : ESMO Clinical Practice Guidelines. Ann Oncol 2018;29(Suppl 4) :iv166 -iv19.
2. Deer TR, Hayek SM, Grider JS, et al. The Polyanalgesic Consensus Conference (PACC)® : Updates on clinical pharmacology and comorbidity management in Intrathecal drug delivery for cancer pain. Neuromodulation 2025;28(7):1029-53.
3. Mercadante S, Candido K, Staats P, et al. Spinal analgesia in cancer pain management-MASCC general practice recommendations. Support Care Cancer 2025;33(8):674.
4. Altamirano JM, Khalid SI, Slavin KV. Neurosurgical techniques for chronic pain in adult cancer survivors. Stereotact Funct Neurosurg 2025;103(6):566-75.
5. Aman MM, Mahmoud A, Deer T, et al. The American Society of Pain and Neuroscience (ASPN). Best practices and guidelines for the Interventional Management of Cancer-Associated Pain. J Pain Res 2021;14:2139-64. 
6. Mestdagh F, Steyaert A, Lavand’homme P. Cancer pain management : A narrative review of current concepts, strategies, and techniques. Curr Oncol 2023;30(7):6838-58. 
7. Allano G, George B, Minello C, et al. Strategies for interventional therapies in cancer-related pain-a crossroad in cancer pain management. Support Care Cancer 2019 ;27(8):3133-45.

Avec la collaboration de 

  • AFSOS

     

  • SFAP

     

  • SFETD

     

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Résumé

La prise en charge de la douleur multimorphe du cancer repose sur des fondamentaux : parmi eux l’interdisciplinarité et la multimodalité. Grâce aux synergies entre les professionnels de santé de différentes spécialités médicales, tous types d’exercice confondus, et à une approche basée sur le triptyque thérapeutiques médicamenteuses, approches interventionnelles et complémentaires, le multimorphisme douloureux peut être adressé à tout moment du parcours de façon optimisée.