C’est lors de la réalisation d’une électrophorèse des protéines sériques (EPS) que le laboratoire peut révéler la présence d’un pic « d’aspect » monoclonal. Ce dernier peut correspondre à la présence d’une immunoglobuline (Ig) dite monoclonale dans le sérum, c’est-à-dire issue d’un même clone de cellules lymphocytaires B. Cette prolifération peut être bénigne ou maligne. Ainsi, dès l’observation d’un pic à l’électrophorèse et la confirmation de sa monoclonalité, le clinicien doit envisager des explorations complémentaires afin de préciser le statut du patient, les conditions de son suivi, voire l'orientation vers une structure spécialisée.

L’EPS : indispensable

C'est l’examen paraclinique incontournable, tant pour le dépistage que pour le suivi des gammapathies monoclonales. Pour rappel, une EPS consiste à séparer les protéines du sérum (partie liquide du sang, dépourvue des cellules et du fibrinogène, et contenant très peu de facteurs de coagulation) grâce à un champ électrique, en plusieurs fractions (1 d’albumine et 4 ou 5 de globulines). Le résultat comprend le dosage des protéines sériques totales, un tracé figurant les différentes fractions séparées et un commentaire du biologiste.
Une électrophorèse normale et un pic évocateur d’une Ig monoclonale sont représentés sur les figures 1 et 2.
Un pic résulte de l’accumulation de protéines toutes identiques (puisqu’issues d’un même clone de cellules B) en un endroit particulier lors de la séparation des protéines à l’électrophorèse. Ce peut être une Ig entière (IgG, IgA ou IgM, rarement une IgD ou IgE) ou incomplète, à savoir une chaîne légère libre (κ ou λ) ou parfois une chaîne lourde (γ, α,μ ou δ et ε).
La fraction des gammaglobulines comprend 95 % des IgG et des IgM, et environ 50 % des IgA. C’est donc dans cette zone que l’on observe la majorité des pics d’Ig monoclonales. Plus rarement, il peut être situé dans la fraction des β-globulines, voire dans celle des α-2-globulines. Mais parfois, il n’y a pas de pic visible : c’est le cas des chaînes légères libres monoclonales qui sont rapidement éliminées par le rein, et ne s’accumulent dans le sérum que lorsque la maladie est avancée et la fonction rénale altérée. C’est aussi celui des myélomes non sécrétants où la cellule cancéreuse ne secrète pas son Ig.

Que faire devant un pic ?

Sa présence n’est pas suffisante à elle seule pour affirmer une Ig monoclonale. Le laboratoire doit confirmer sa monoclonalité en identifiant la protéine impliquée, puis la quantifier et joindre un commentaire.
L’identification d’une Ig monoclonale est réalisée par immunofixation ou...

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR