Selon l’Insee, en 2017, les plus de 75 ans étaient environ 6 millions, soit 9,2 % des Français.
Dans cette population, la pneumonie est fréquente. D’après une étude espagnole récente, l’incidence globale est de 63,4/100 000 habitants et augmente à 209,3/100 000 chez les plus de 65 ans. Son diagnostic est difficile car les symptômes sont souvent atypiques. Enfin, chez le sujet âgé aux réserves physiologiques réduites, une pneumonie même correctement prise en charge peut modifier la trajectoire de vie impactant l’état nutritionnel et musculaire, les fonctions cognitives et thymiques, aboutissant à un déclin fonctionnel, voire à une perte d’autonomie définitive ou au décès.
L’hospitalisation pour pneumonie aiguë communautaire (PAC) est un indicateur de pronostic défavorable à 1 an chez les patients âgés. Dans une étude incluant 158 960 sujets ayant une PAC et 794 333 contrôles hospitalisés, la mortalité à 1 an était de 41 versus 29 %.1
Les principaux facteurs de risque sont les fausses routes (liées à des troubles de la conscience ou de la déglutition) et la baisse des défenses locales (tabagisme, BPCO, insuffisance cardiaque) ou générales (dénutrition, diabète non équilibré, splénectomie, insuffisance rénale chronique, cirrhose, déficit immunitaire primitif ou secondaire altérant la réponse humorale ou la fonction des polynucléaires neutrophiles).

Risque accru chez les seniors

Selon une étude finlandaise, chaque année supplémentaire après 65 ans augmenterait le risque de contracter une pneumonie d’un facteur 1,07.
En effet, une sénescence du système immunitaire au cours du vieillissement a été démontrée dans les modèles animaux, notamment une baisse de l’immunité humorale (qui joue un rôle important contre les infections respiratoires).
Les troubles de la déglutition sont fréquents (maladie neurologique dégénérative, séquelles d’AVC). Ainsi, chez les patients ayant fait un AVC, on retrouve une forte corrélation entre le volume des inhalations et la survenue d’une pneumonie.
L’hyposalivation induite par les médicaments (antidépresseurs, antiparkin- soniens, diurétiques, antihypertenseurs, antihistaminiques…) et la pathologie parodontale favorisent la colonisation par des bactéries pathogènes. Ainsi, les entérobactéries et Staphylococcus aureus sont retrouvés respectivement chez 22-37 % et 12 % des malades vivant en institution. Le risque de pneumonie par inhalation est plus faible chez les patients édentés. Les comorbidités qui augmentent le risque de pneumonie par diminution des défenses locales ou générales (cf. ci-dessus) sont également plus fréquentes dans la population gériatrique.
Enfin, les seniors ont une moindre sensibilité à l’hypoxémie et à l’hypercapnie. Ces modifications...

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