Contrairement aux idées reçues, les maladies CV touchent particulièrement les femmes. Ces dernières bénéficient moins souvent ou plus tardivement d’un accès aux soins intensifs cardiologiques, sont plus exposées aux complications aiguës, présentent un risque de décès précoce hospitalier plus élevé et vont moins en rééducation CV après l’accident aigu. Élaborée à l’initiative du Conseil national professionnel cardiovasculaire (CNPCV), cette fiche parue début mai 2026 aborde les idées reçues, les facteurs de risque cardioneurovasculaires spécifiques aux femmes et les signaux d’alerte.
Quatre constats
Ce document met en avant 4 constats :
En France, plus de femmes meurent de maladies cardioneurovasculaires que d’hommes (72 078 contre 64 161 en 2023) ;
les femmes sont touchées de plus en plus jeunes par ces maladies : l’incidence du syndrome coronaire aigu augmente de plus de 5 % par an chez les femmes de moins de 65 ans ;
les facteurs classiques de risques sont parfois plus néfastes chez la femme que chez l’homme (diabète et tabac notamment) ;
les femmes sont moins bien prises en charge que les hommes en matière de cardiopathies ischémiques.
Facteurs de risque spécifiques
Outre le mode de vie (tabagisme, sédentarité, alimentation, surpoids, stress, prise de toxiques), et les facteurs de risque classiques (HTA, dyslipidémie, hérédité, diabète, troubles du sommeil), il faut prendre en compte des marqueurs de risque supplémentaires : maladies psychiatriques et inflammatoires (notamment migraine avec aura), cancer du sein, toute complication de la grossesse (HTA gravidique, diabète…), ainsi que les facteurs liés aux hormones (insuffisance ovarienne prématurée, endométriose) et ceux émergents (charge mentale, violences, précarité, pollution).
Attention : les scores classiques (SCORE2, SCORE2 -OP, PREVENT…) n’intègrent pas les facteurs spécifiques aux femmes.
Le contrôle et la correction des facteurs de risque, quand c'est possible, est essentielle.
Symptômes d’une atteinte cardiaque
Chez la femme comme chez l’homme, tout symptôme thoracique doit être évalué. Dans 80 % des cas, l’infarctus du myocarde se manifeste par une douleur thoracique dans les deux sexes. D’autres manifestations peuvent être présentes : sueurs, douleur épigastrique, éructations, douleur isolée aux épaules ou aux bras.
Cependant, certains symptômes non spécifiques sont plus fréquents chez la femme que chez l’homme : vertiges, syncope, palpitations ; dyspnée ; fatigue ; nausées, vomissements ; douleur localisée au cou, entre les omoplates.
Éduquer les patientes à risque
L’éducation des femmes est indispensable. Il faut :
les impliquer dans la maîtrise de leurs facteurs de risque ;
leur faire connaître les signes de l’infarctus du myocarde (et aussi informer leur entourage) ;
les inviter à consulter sans délai en cas de gêne thoracique à l’effort ;
les inviter à appeler immédiatement le 15 si une douleur thoracique dure plus de 20 minutes ;
assurer un suivi régulier, adapté à leur profil cardiovasculaire.
Une affiche à leur destination est imprimable ici.
CNPCV. La prévention cardiovasculaire des femmes (pour les professionnels de santé). Mai 2026.
CNPCV. La prévention cardiovasculaire des femmes (affiche pour les patientes). Mai 2026.
Boschat J. Revue de littérature des spécificités des facteurs de risque et prévention des maladies cardio-vasculaires chez les femmes. CNPCV Juillet 2025.