Chez des patients atteints de maladie coronaire, la diète méditerranéenne, comparée à un régime pauvre en lipides, se démarque dans la prévention secondaire des événements cardiovasculaires majeurs, d’après une récente étude randomisée publiée dans The Lancet.

Les bienfaits de la diète méditerranéenne pour la santé sont aujourd’hui reconnus. Cette alimentation à base de fruits, de légumes, de légumineuses, de céréales, d’huile d’olive, de poissons et de produits laitiers a une efficacité réelle mais modeste dans la prévention primaire des maladies cardiovasculaires, d’après une revue systématique de la littérature publiée par Cochrane en 2019. Seul hic, les données de cette revue ne permettaient pas de conclure sur l’efficacité en prévention secondaire du régime méditerranéen, ou de la comparer à celle d’un régime pauvre en lipides.

C’est désormais chose faite grâce à l’étude cordouane CORDIOPREV, dont les résultats ont été publiés le 4 mai dans The Lancet. L’essai randomisé espagnol a enrôlé 1 002 patients entre octobre 2009 et février 2012. D’un âge moyen de 59,5 ans (20 à 75 ans), les patients avaient tous à l’inclusion une coronaropathie, et n’avaient pas subi d’événements cliniques en lien avec cette maladie depuis 6 mois. Une fois dans l’étude, les individus ont été assignés aléatoirement soit à une diète méditerranéenne (502 personnes), soit au régime pauvre en graisse (500 personnes). Afin de maintenir et mesurer l’adhésion au régime désigné, dont le suivi a duré en moyenne 7 ans, les participants avaient une consultation avec une diététicienne tous les 6 mois en face à face, et recevaient des appels téléphoniques tous les 2 mois.

Le critère principal d’évaluation de cette étude, le nombre d’événements cardiovasculaires majeurs, atteint 87 dans le groupe suivant une diète méditerranéenne, contre 111 dans le groupe adhérant à un régime pauvre en lipides, soit respectivement 28,1 événements par 1 000 personnes-années contre 37,7 événements par 1 000 personnes-années (P = 0,039). Cependant, aucun régime ne se distingue en prévention secondaire des événements cardiovasculaires chez les femmes. Cela pourrait s’expliquer par une faible puissance statistique due à leur faible effectif (N = 175).

Pour en savoir plus
Delgado-Lista J, Alcala-Diaz JF, Torres-Peña JD, et al. Long-term secondary prevention of cardiovascular disease with a Mediterranean diet and a low-fat diet (CORDIOPREV): a randomised controlled trial.  The Lancet 4 mai 2022.
Rees K, Takeda A, Martin N, et al. Mediterranean‐style diet for the primary and secondary prevention of cardiovascular disease.  Cochrane Database of Systematic Reviews 13 mars 2019.