Nul n’est besoin de rappeler l’efficacité des produits de protection solaire pour éviter le coup de soleil, si bien utilisés (choisir la bonne classe en fonction du phototype et des conditions d’ensoleillement, appliquer une quantité suffisante de produit, renouveler les applications régulièrement et après chaque baignade). Selon la FDA, un produit solaire de SPF > 15 avec protection contre les UVA est un moyen efficace de prévention des cancers cutanés. Mais quels filtres utiliser ? 

 

Les filtres chimiques peuvent être responsables de dermites allergiques de contact ou irritatives et de photosensibilisation. L’octocrylène, particulièrement incriminé, doit être proscrit chez l’enfant. Un possible effet de perturbation endocrinienne a été évoqué avec certaines benzophénones ; l’Ansm a donc élaboré des recommandations concernant leur incorporation dans les cosmétiques (concentration de 6 % au maximum, interdiction avant l’âge de 10 ans). 

Les filtres minéraux, souvent prônés chez l’enfant car considérés comme plus sûrs, contiennent toutefois des nanoparticules, qui peuvent être absorbées par voie transcutanée, orale (stick) ou respiratoire pour les formes en spray. L’Ansm recommande de ne pas utiliser ces produits sur peau lésée (coup de soleil), sur le visage et dans des locaux fermés s’ils sont sous forme de spray aérosol. 

Globalement, la balance bénéfices/risques reste positive ! 

La photoprotection vestimentaire est toutefois le moyen externe le plus efficace, notamment chez les enfants, surtout lorsqu’on utilise des textiles spécifiques. 

Enfin, rappelons que la « préparation de la peau au soleil », dans le but de « glisser » vers un phototype plus élevé (moins sujet aux risques des UV) est à déconseiller : le risque de mélanome augmenterait de 20 % chez les utilisateurs réguliers de lampe à bronzer et doublerait pour les usagers de moins de 35 ans. Quant aux compléments alimentaires, selon l’étude SUVIMAX, l’apport d’un cocktail de bêtacarotène, vitamines C et E, gluconate de zinc et sélénium chez la femme pendant 8 ans augmenterait le risque de cancers cutanés. Par ailleurs, les compléments à base de bêta-carotène à fortes doses (≥ 20 mg/j) augmentent le risque de cancer du poumon et de l’estomac, notamment chez les fumeurs.

 

Cinzia Nobile, La Revue du Praticien

Beani JC. Protection solaire : le point. Rev Prat Med Gen 2018;32:470-1.

Figures et tableaux