Jeanne, 60 ans, et Ludovic, 37 ans, sont deux patients distincts qui ont consulté pour une dermatose érythématosquameuse localisée aux niveaux génital et axillaire (fig. 1 et 2).
Pour chacun, les lésions évoluaient depuis plus de six mois et étaient peu prurigineuses. Les prélèvements infectieux étaient négatifs, dans les deux cas.

Le psoriasis est une affection cutanée inflammatoire chronique fréquente. Sa prévalence est de 1 à 3 % dans la population mondiale.

Le psoriasis génital peut prendre deux formes : le psoriasis inversé (fig. 1), très fréquent, et le psoriasis des muqueuses (fig. 1 et 2), qui touche près de 60 % des patients.

Cliniquement, le psoriasis génital se caractérise par des plaques peu ou non squameuses, rouges, brillantes, nettement démarquées de la peau saine avoisinante, volontiers fissurées au fond du pli et éventuellement macérées. La localisation sur le gland est plus rare et se caractérise par des papules-plaques érythémateuses, parfois légèrement squameuses.

Le diagnostic est clinique. Cependant, en cas de doute, une biopsie cutanée permet de le confirmer. Un examen cutané et unguéal rigoureux ainsi qu’une recherche d’arthralgies inflammatoires sont à réaliser.

Le traitement de première ligne des formes légères à modérées reste les dermocorticoïdes seuls ou associés à la vitamine D (calcipotriol-bétaméthasone). La durée maximale d’utilisation recommandée des dermocorticoïdes est d’environ quatre semaines. Dans les formes modérées à sévères, un traitement systémique (méthotrexate, ciclosporine, biothérapie…) peut être proposé ; il s’agit de traitements suspensifs nécessitant un suivi régulier en dermatologie. 

Pour en savoir plus 
Hong JJ, Mosca ML, Hadeler EK, et al. Genital and inverse/intertriginous Psoriasis : An update review of therapies and recommendations for practical management. Dermatol Ther 2021;11:833-44.

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