L’accident vasculaire cérébral (AVC) est l’une des principales causes de mortalité en France et la première cause de handicap acquis de l’adulte : chaque année près de 140 000 personnes en sont victimes.1 On estime qu’une personne sur six aura un AVC dans sa vie.1 La fragilité du parenchyme cérébral et la brutalité de l’agression qu’il subit font de l’AVC une urgence extrême, une prise en charge très précoce dans ce contexte peut éviter les complications et en limiter les séquelles.2 Même si l’AVC est désormais reconnu comme une urgence vitale et fonctionnelle, il est en pratique encore insuffisamment pris en charge comme une urgence pour de nombreuses raisons, en particulier la méconnaissance des symptômes par les patients, par leur entourage et même par le corps médical.
La principale difficulté tient à la diversité des symptômes inauguraux de l’AVC. Il s’agit de manifestations extrêmement variées, car elles dépendent de la localisation de l’infarctus ou de l’hémorragie. La règle d’or, toujours valable, est la suivante : « Un déficit focal, brutal et d’emblée maximal, est un AVC jusqu’à preuve du contraire. » L’AVC se manifeste avec des signes ou symptômes neurologiques focaux car chaque partie du cerveau est plus particulièrement spécialisée dans certaines fonctions, comme le mouvement, la sensibilité, le langage ou la vision : dans la plupart des cas, ces signes sont constitués par un déficit, c’est-à-dire qu’ils sont le reflet de la perte d’une fonction cérébrale spécifique. Un déficit neurologique lié à un AVC est donc généralement expliqué par une seule lésion cérébrale, ischémique ou hémorragique. D’un point de vue physiopathologique, l’occlusion d’une artère cérébrale dans le cas de l’AVC ischémique, ou la rupture d’un vaisseau cérébral dans le cas de l’AVC hémorragique surviennent de manière soudaine, sans prodromes, ce qui explique le caractère brutal et d’emblée maximal des symptômes : le déficit apparaît donc en quelques secondes ou minutes. Une fois apparus, les symptômes se stabilisent ou, parfois, s’améliorent avec le temps. La régression des signes au bout de quelques minutes ne doit en aucun cas rassurer : les déficits neuro­logiques soudains régressant rapidement restent des urgences du fait du risque de récidive et de séquelles.

Quels sont les signes évocateurs d’AVC ?

Les symptômes cliniques qui doivent alerter, même quand ils se présentent de manière isolée, sont :3
– des signes moteurs : faiblesse d’un ou plusieurs membres ou de la face, le plus souvent d’un côté du corps (hémiparésie en cas de déficit partiel, hémiplégie en cas de déficit de force complet) ;
– des signes sensitifs : engourdissement ou perte de sensibilité d’un ou de plusieurs membres, ou de la face (hémi-hypoesthésie ou hémi-anesthésie en fonction du degré de déficit) ;
– les signes visuels : perte de la vision d’un œil (cécité unilatérale) ou de la moitié du champ visuel de chaque œil (hémianopsie) ou vue double (diplopie) ;
– des difficultés d’élocution, de lecture ou...

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