Les réactions transfusionnelles sont les événements indésirables liés aux transfusions sanguines se produisant chez les receveurs. Elles peuvent passer inaperçues ou à l’extrême être fatales. Elles peuvent survenir pendant ou dans les heures qui suivent la transfusion (réactions immédiates aiguës) ou au décours de celle-ci après plusieurs jours ou semaines (réactions retardées). Leur déclaration est obligatoire, et l’évalution de ces effets indésirables chez les receveurs est prise en charge par le dispositif d’hémovigilance qui est réglementairement définie en France par la loi n° 93-5 du 4 janvier 1993.1 Cela permet de définir un niveau de gravité (de 1 [non sévère] à 4 [décès]) et 5 niveaux d’imputabilité (de 0 [exclusion] à 3 [certitude] avec un niveau non évaluable).
Les réactions transfusionnelles peuvent être de mécanismes immunologiques ou non immunologiques et leur diagnostic est parfois difficile car il n’existe pas de symptomatologie spécifique (fig. 1). Les signes cliniques les plus fréquents sont la fièvre, les frissons, une urticaire et un prurit. Certains disparaissent spontanément ou avec un traitement symptomatique. Toutefois, d’autres, comme une hypotension, voire un état de choc, une hémoglo- binurie ou une détresse respiratoire, témoignent d’une réaction sévère. Qu’elles soient immédiates ou retardées, en fonction de leur mécanisme, on distingue les réactions transfusionnelles de type immunologique, infectieux ou de surcharge.

Épidémiologie

Certaines réactions sont très fréquentes (réactions allergiques minimes, réaction fébrile non hémolytique) alors que d’autres sont plus rares (anaphylaxie, choc hémolytique ou septique). L’incidence des événements indésirables chez le receveur est évaluée pour 2016 à 216,2 pour 100 000 produits sanguins labiles transfusés.2 Les trois premiers diagnostics ayant un niveau d’imputabilité de 1 à 3 déclarés sont l’allo-immunisation (85/100 000), les réactions fébriles non hémolytiques (56/100 000) et l’allergie (33/100 000).
La mortalité est le plus souvent le fait d’œdèmes aigus du poumon de surcharge, de syndromes respiratoires aigus post-transfusionnels (transfusion-related acute lung injury [TRALI]), de chocs infectieux ou d’un décès à plus long terme lié à la transmission de pathologies infectieuses. En 2016,2 les décès ont été liés à 2 œdèmes pulmonaires de surcharge, 2 allergies, et 1 infection bactérienne transmise par transfusion. Toutefois, les mesures de prévention mises en œuvre depuis de nombreuses années tendent à réduire de plus en plus leur survenue et notamment les formes sévères.

Réactions transfusionnelles immédiates

Causes immunologiques


Hémolyse aiguë

Elle peut être le fait d’un conflit antigènes-anticorps aboutissant à la destruction intravasculaire et/ou intratissulaire du globule rouge transfusé. Il faut cependant signaler qu’il existe aussi des destructions non immunologiques des hématies transfusées par mécanismes mécaniques, osmotiques ou thermiques. Les anticorps impliqués peuvent être ceux du système ABO (les plus graves) ou d’autres systèmes Rh, Kell, Duffy, Kidd, MNS, etc. Les manisfestations cliniques peuvent être plus ou moins bruyantes, allant d’une simple fièvre à un choc hémolytique avec douleur lombaire, hémoglobinurie et coagulation intravasculaire dissséminée. Le diagnostic repose sur la mise en évidence de stigmates d’hémolyse (haptoglobine, lacticodéshydrogénase, bilirubine…), d’une sensibilisation des hématies in vivo par le test direct à l’antiglobuline (test de Coombs direct) et sur l’identification de l’anticorps coupable par examen direct à l’antiglobuline. La prévention repose sur des règles strictes d’identitovigilance, de respect de la compatibilité des groupes sanguins et sur la performance de la détection des anticorps par la recherche d’agglutinines irrégulières avant la transfusion.

Réaction fébrile non hémolytique

Elle est le plus souvent liée à l’injection de cytokines présentes dans les produits, notamment les plaquettes qui relarguent ces médiateurs dans le milieu durant leur conservation. Elle peut être aussi le fait d’un conflit antigène-anticorps dans le système HLA générant la synthèse de cytokines. Il s’agit d’un diagnostic d’exclusion qui doit être retenu après avoir...

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