Actualisations sur la circulation de maladies infectieuses
Épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) : le risque pour les résidents européens et les voyageurs se rendant dans la province de l’Ituri est jugée faible par l’ECDC si les précautions standards sont respectées. Aux personnes ne pouvant pas reporter leur voyage, il est recommandé d’appliquer strictement les règles d’hygiène standard ; d’éviter tous contacts rapprochés avec les secrétions des malades ayant une forte fièvre, des troubles digestifs, ou des hémorragies ; de ne pas consommer ni manipuler de la viande de brousse ; d’éviter les rites funéraires. En cas d’apparition de symptômes au retour, appeler sans délai le SAMU-Centre 15 (période d’incubation de 21 jours, pendant laquelle le patient n’est pas contagieux).
Rougeole : le risque épidémique est élevé dans plusieurs pays, dont l’Amérique du Nord. Dans le contexte de déplacement de nombreux voyageurs pour la coupe du monde de football, il faut vérifier que la vaccination ROR soit à jour (3e dose chez les personnes ayant reçu une des deux doses avant l’âge de 1 an).
Choléra : poursuite de la recrudescence des flambées épidémiques à l’échelle mondiale sans qu’un surrisque spécifique ne soit objectivé pour les voyageurs.
Rage : les données épidémiologiques actualisées sont accessibles pour le monde ici et pour l’Europe ici. Dans l’est de l’Europe, des foyers de rage canins et sauvages sont régulièrement détectés.
Variole B (anciennement Mpox) : depuis son émergence en Afrique centrale, de nombreux pays d’Europe, des Amériques et d’Asie ont rapporté des cas importés, avec quelques cas de transmission secondaire. Une épidémie est toujours en cours à Madagascar. Les données actualisées sont accessibles ici.
Dengue, chikungunya, Zika et Oropouche : des cartes d’incidence pour 2025 - 26 sont disponibles en annexe 5 des recos (p. 279).
Paludisme : depuis 2015, le nombre de cas ne recule plus voire re-augmente depuis 2020. Les pays les plus touchés sont le Nigeria (30,3 %), la République démocratique du Congo (11,1 %), le Niger (5,8 %), la Tanzanie (4,3 %). En France, on estime à 4 960 le nombre de cas importés en 2025.Les personnes originaires d’Afrique subsaharienne retournant au pays pour rendre visite à leurs proches sont la principale population touchée (Plasmodium falciparum essentiellement). Un des principaux facteurs de risque des formes graves est le retard au diagnostic. Il est important de prescrire une prévention adaptée, et d’insister sur son suivi ; informer systématiquement que les plantes du genre Artemisia sous la forme de tisanes ou de gélules ne sont pas efficaces dans la prévention ou le traitement du paludisme.
Pour la première fois, des cartes détaillées d’estimation du risque de paludisme pour les voyageurs sont mises à disposition des prescripteurs (page 100 à 107).
Tuberculose : actualisation de la liste des pays à forte incidence tuberculeuse (i.e. ≥ 40/100 000 habitants/ an) en annexe 3 (page 247).
Maladies d’importation potentiellement graves et à risque épidémique en France (BHRe, fièvres hémorragiques virales, grippes zoonotiques, IIM…) : une liste actualisée sur la prévention et la conduite à tenir (symptômes évocateurs, signalement, mesures de contrôle du risque de dissémination…) est disponible en annexe 6 (page 288).
Hantavirus : se référer aux recommandations du HCSP du 27 mai 2026 (lors d’activités en milieu rural – camping, nettoyage de bâtiments abandonnés, activités agricoles ou forestières – dans les zones endémiques en Amérique latine, éviter les contacts avec les rongeurs et respecter les règles d’hygiène et de protection).
Vaccinations
Outre les recommandations générales (cf. calendrier vaccinal 2026), certaines nouveautés concernent spécifiquement les voyageurs.
Chikungunya
Le virus du chikungunya circule sur un mode endémique dans les zones tropicales et intertropicales (Brésil, Cuba…) ; la Guyane est le siège d’une intensification de la circulation depuis début 2026.
Deux vaccins ont une AMM européenne, Ixchiq (vaccin vivant atténué) et Vimkunya (vaccin à pseudoparticules virales), dont les données de sécurité sont encore parcellaires. La stratégie varie selon la situation épidémiologique, l’âge du voyageur, ses comorbidités (maladie chronique ou immunodépression). Le tableau ci-contre résume les CI et (non) recommandations des deux vaccins.
Dengue
Arbovirose la plus fréquente, elle est présente dans plus de 110 pays (Amérique du Sud et centrale, Caraïbes, Méditerranée orientale, Afrique, Asie du Sud-Est, Pacifique occidental). En France hexagonale, c’est la 2e cause de fièvre d’importation, avec un risque de diffusion autochtone. Compte tenu des dernières données de tolérance, la vaccination par Qdenga est recommandée chez les voyageurs de 6 ans et plus, quels que soient les antécédents personnels de dengue et la présence de comorbidités, pour les séjours en zone épidémique, qu’elle qu’en soit la durée, et pour les séjours en zone endémique de plus d’un mois. Schéma : 2 doses par voie sous-cutanée, à un intervalle d’au moins 3 mois. Il est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes ou allaitantes.
Nouveautés dans les mesures de protection antivectorielle
Seuls les répulsifs disposant d’une AMM sont dorénavant recommandés (DEET, IR3535 et KBR3023 ou icaridine). L’huile d’eucalyptus citronné n’est plus préconisée, dans l’attente de son évaluation. La recommandation de ne plus utiliser de vêtements imprégnés à la perméthrine a été renforcée, mais une alternative est dorénavant proposée en cas de risque élevé de maladie à transmission vectorielle : les sprays de vêtements à base de DEET et d’IR3535. Les serpentins fumigènes sont à proscrire. Les moustiquaires aux fenêtres et aux portes ont prouvé leur efficacité.
Des fiches synthétiques
Pour la première fois, des fiches synthétiques avec les principales recommandations pour les voyageurs conventionnels, ventilées par grandes destinations, ont été ajoutées en annexe 1 page 192.
Pour les voyageurs à destination de la France Outre-mer, les préconisations sont résumées dans l’encadré ci-dessous.
Recos pour les voyageurs à destination de la France Outre-mer
Une protection personnelle contre les moustiques est recommandée tout au long du séjour (vêtements longs et amples, répulsifs pour la peau, moustiquaire).
À destination de la Guyane :
la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs âgés de plus d’un an. Elle doit être faite au moins 10 jours avant l’arrivée en Guyane. Une seule injection protège toute la vie ;
les parasites du paludisme sont susceptibles de circuler en Guyane. Pas de chimioprophylaxie, mais consulter rapidement en cas de fièvre sur place ou dans les trois mois qui suivent le retour.
À destination de Mayotte :
la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs âgés de plus d’un an en provenance d’un pays à risque de transmission de la fièvre jaune, y compris les voyageurs ayant transité plus de 12 heures dans un aéroport de ce pays ;
la chimio prophylaxie du paludisme n’est pas nécessaire, mais il est recommandé de consulter rapidement un médecin en cas de fièvre sur place ou dans les trois mois qui suivent le retour.
À destination des Antilles, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis et Futuna :
la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs âgés de plus d’un an en provenance d’un pays à risque de transmission de la fièvre jaune, y compris les voyageurs ayant transité plus de 12 heures dans un aéroport de ce pays.
À destination de La Réunion :
Aucune prophylaxie ou vaccination spéciale n’est préconisée pour un séjour à La Réunion.
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées. Recommandations sanitaires pour les voyageurs. 6 juillet 2026.