Les réseaux de soins mettent en oeuvre une équipe multidisciplinaire avec possibilité de déplacement d’une infirmière à domicile. Un essai randomisé a évalué le bénéfice d’une intervention multidisciplinaire sur la réadmission à quatre-vingt-dix jours, la qualité de vie et le coût. L’intervention consistait en une éducation complète du patient et de sa famille, une prescription diététique, une consultation des services sociaux, la planification d’une sortie précoce, une réévaluation des médicaments et un suivi intensif. Le taux de réadmission pour insuffisance cardiaque (IC) était diminué de 56,2 % dans le groupe de traitement et de 28,5 % pour autres causes. Les scores de qualité de vie à quatre-vingt-dix jours se sont améliorés davantage pour les patients du groupe de traitement. Le coût global des soins était inférieur de 460 $ (391 euros) par patient dans le groupe traité. Dans une autre étude, à six mois, il y a eu moins de réadmissions non planifiées et de journées d’hospitalisation chez les patients ayant bénéficié d’une intervention multidisciplinaire consistant en la visite à domicile d’une infirmière de cardiologie sept à quatorze jours après la sortie de l’hôpital. Les coûts hospitaliers étaient moitié moins élevés pour le groupe intervention. La mortalité n’était pas diminuée.La télésurveillance fait appel à des outils digitaux externes. Dans une méta-analyse, elle a réduit de 16 % la mortalité toutes causes confondues, de 19 % la première hospitalisation pour IC et de 15 % le nombre total d’hospitalisations pour IC.L’étude TIM-HF2 randomisée montre une diminution de la mortalité totale de 20 % et cardiovasculaire de 33 %. À l’arrêt de l’intervention, les événements réaugmentaient dans le groupe initialement télésurveillé. Les autres essais randomisés n’ont pas mis en évidence de bénéfice des outils externes sur le pronostic de l’IC.
Pascal de Groote, service de cardiologie, CHU de Lille, Lille, France
11 mars 2025