Face aux retraits au niveau international de laits infantiles susceptibles d’être contaminés par la toxine céréulide, un message DGS urgent du 23 janvier 2026 explique la conduite à tenir en ville.

En décembre, des autocontrôles de Nestlé ont permis d’identifier la présence de la toxine céréulide dans un lot de lait infantile non commercialisé, produit par une usine des Pays-Bas. Un premier retrait-rappel d’autres lots produits par la même usine et susceptibles d’être contaminés a alors été lancé. Les investigations ont permis d’identifier un ingrédient comme source de la contamination, une huile riche en acide arachidonique (huile ARA) produite par un fournisseur chinois. Cette découverte a mené au retrait-rappel de nombreux autres lots de laits infantiles des groupes Nestlé et Lactalis.

À ce jour, tout fabricant de lait infantile au niveau mondial, dès lors qu’il a eu recours à de l’huile ARA de ce fournisseur, doit conduire une analyse de risque pour évaluer la sécurité de chaque lot mis sur le marché.

Même si, à ce jour, aucun lien n’a été démontré entre la consommation d’un lait infantile retiré du marché et une éventuelle pathologie ou le décès d’un nourrisson, la DGS explique la CAT vis-à-vis des patients qui seraient amenés à consulter dans le cadre de cette alerte, ainsi que les recommandations générales à l’attention des familles.

Mesures de retraits et rappels en cours

Les produits concernés sont identifiables d’après les fiches publiées sur le site https ://rappel.conso.gouv.fr, régulièrement mis à jour. Les personnes ayant acheté des produits issus des lots concernés sont invitées à ne plus les consommer et à suivre les recommandations indiquées sur les fiches de rappels.

Symptômes à rechercher

Les signes cliniques évocateurs sont ceux d’une intoxication alimentaire chez le nourrisson : vomissements précoces et répétés pouvant être accompagnés d’une diarrhée et d’une fièvre modérée à élevée. Leur délai d’apparition est court, le plus souvent entre 1 et 12 heures après l’ingestion de l’aliment ou du lait contaminé. Malgré l’absence de lien démontré entre des signes cliniques et la consommation d’un lait retiré du marché, la DGS invite les praticiens à rester vigilants en cas de consultation d’un nourrisson ayant ces symptômes. L’évolution est très généralement favorable, avec une régression spontanée des symptômes en 6 à 24 heures. Toutefois, chez le nourrisson, le risque principal est la déshydratation aiguë.

Prise en charge médicale

Pour rappel, la prise en charge est symptomatique et repose sur la réhydratation par solution de réhydratation orale (SRO) :

  • proposer à l’enfant rapidement une SRO, en petites quantités répétées (10 - 15 mL toutes les 10 - 15 minutes), même en cas de vomissements ;
  • poursuivre l’alimentation dès que possible, sans jeûne prolongé, avec un lait adapté ou une alimentation normale ;
  • éviter les boissons sucrées, sodas, jus de fruits ou eau seule, inadaptés à la réhydratation.

En l’absence de critère de gravité, il n’est pas indiqué de procéder à la recherche de la bactérie, ni de la toxine par diagnostic biologique. Il faut savoir que la bactérie Bacillus cereus se caractérise par sa présence ubiquitaire dans l’environnement et de son caractère thermosensible.

Si un cas grave venait à être identifié, il convient de l’adresser aux urgences hospitalières. Ces situations doivent faire l’objet d’un signalement à votre Agence régionale de santé.

Conseils aux familles

En cas de consommation de lots de laits concernés par le rappel, conseiller aux familles de :

  • arrêter immédiatement d’utiliser le lot de lait, même si l’enfant n’a pas de symptôme et conserver la boîte à des fins d’analyses ultérieures éventuelles ;
  • en cas de symptômes évocateurs uniquement, réaliser une déclaration sur le portail des signalements en précisant la marque, le n° de lot et si un médecin a été consulté : https ://signal.conso.gouv.fr/fr ;
  • utiliser temporairement un autre lot de lait infantile ne faisant pas l’objet de mesures de rappel ;
  • demander conseil à un professionnel de santé (médecin, pharmacien, sage-femme…) en cas de doute et/ou contacter le 15 en cas d’urgence ;
  • en cas de symptômes graves ayant nécessité hospitalisation uniquement, conserver la boîte de lait entamée à des fins d’analyse ultérieure, si nécessaire.

Pour en savoir plus
Direction générale de la santé. DGS urgent. Conduite à tenir à la suite du retrait-rappel de plusieurs lots de laits infantiles. 23 janvier 2026.
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées. Point de situation autour des retraits-rappels volontaires des laits infantiles Nestlé et Lactalis en France. 22 janvier 2026.

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