La stéatopathie métabolique est la première cause de maladies chroniques du foie. Les patients à risque étant les patients insulinodépendants, diabétiques de type 2, sédentaires, en surpoids ou en situation d’obésité, il faut évaluer le type de l’obésité, gynoïde ou androïde et mesurer le tour de taille. Si possible, il est utile de quantifier la sarcopénie.
La nouvelle nomenclature utilise l’acronyme MASLD (metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease ou maladie stéatosique du foie liée au syndrome métabolique) qui succède à la NAFLD (non-alcooholic fatty liver disease). La stéato-hépatite non alcoolique (NASH) est remplacée par la MASH (metabolic dysfunction-associated steatohepatitis). La MASLD concerne 11 % des femmes et 25 % des hommes en France métropolitaine ; 70 % des patients diabétiques de type 2 sont atteints de MASH.
Chez un malade atteint d’un syndrome métabolique, si la mortalité cardiovasculaire conditionne le pronostic vital, il ne faut pas oublier l’atteinte du foie. Le risque principal de la stéato-hépatite non alcoolique est la fibrose, qui, lorsqu’elle est sévère, risque d’évoluer vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire (CHC).
En première ligne des soins primaires, le FIB- 4 permet le dépistage de la fibrose et le suivi des patients.
En dessous d’un certain seuil, le FIB- 4 élimine une fibrose sévère, il est alors à contrôler tous les deux à trois ans. Au-dessus d’un certain seuil, il indique une fibrose sévère, à confirmer par une élastométrie ; dans ce cas, il est nécessaire de prévoir une consultation avec un hépatologue, qui initie la prise en charge, en particulier le dépistage du CHC.
Mesurer la fibrose hépatique est essentiel, mais les paramètres du syndrome métabolique doivent aussi être évalués (diabète, dyslipidémie, hypertension artérielle, apnées du sommeil, maladies cardiovasculaires, endocrinopathies…).
Avant de prescrire un médicament destiné à faire perdre du poids, une prise en charge nutritionnelle, la lutte contre la sédentarité et la prescription d’une activité physique adaptée sont essentielles. Les patients doivent être rassurés et motivés.
La prise en charge chirurgicale de la stéato-hépatite est efficace et bien démontrée chez les patients en situation d’obésité de grade III. Les stratégies endoscopiques, bien que moins invasives, n’ont pas démontré de bénéfices probants à long terme sur la maladie hépatique, et leur avenir est incertain avec l’avènement de stratégies médicamenteuses prometteuses.
Les médicaments agonistes du GLP- 1, ou doubles ou triples agonistes, sont efficaces dans le traitement du diabète et de l’obésité (l’absence de remboursement contraint néanmoins nombre de patients à renoncer au traitement). L’approche thérapeutique médicamenteuse de la MASH connaît une révolution, avec une résolution de l’hépatite stéatosique non alcoolique, mais pas de régression de la fibrose avancée.
Lorsque la stéato-hépatite est compliquée d’une cirrhose grave ou d’un CHC, elle devient une indication à la transplantation hépatique. Le greffon peut cependant provenir d’un patient ayant un syndrome métabolique. Et le taux de récidive de la MASH et de la MASD est ainsi important.
Le dépistage des cancers fréquents survenant en population générale s’impose en raison d’un risque accru de cancers extrahépatiques chez les sujets ayant une MASLD.