À l’approche des examens, le stress a du bon, mais dans certains cas l’anxiété est telle qu’elle entraîne des conséquences délétères. Quand le stress devient-il « pathologique » ? Que proposer dans ces situations aux étudiants ? Quelle est la place des médicaments ? Entretien avec le Pr Olivier Bonnot, service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, CHU et université de Nantes.

Quand le stress devient-il pathologique ?

Le fait de ressentir du stress avant un examen, c’est tout à fait normal, ce n’est pas pathologique en soi. Mais parfois l’anxiété engendre des conséquences importantes, notamment lorsqu’elle est « paralysante ». On parle d’« anxiété de performance » : l’anxiété est telle qu’elle empêche de réaliser l’examen convenablement. Elle est associée parfois à ce qu’on appelle une « conduite d’échec » : la personne se met en condition de ne pas passer l’examen – il rate son train par exemple : c’est une manière de gérer sa peur, avec des conséquences bien ennuyeuses… Ces deux situations sont donc pathologiques.

Que prescrire dans ce cas ?

Plusieurs approches de médecine intégrative ont fait leurs preuves : la mindfulness, la cohérence cardiaque, la relaxation (de tout type), le yoga, l’exercice physique. Les mesures hygiénodiététiques sont aussi utiles, pour favoriser le sommeil notamment (rythmes réguliers, pas d’écran ni d’excitants le soir…). Bien sûr, chaque technique étant efficace chez certaines personnes, il faut que chacun trouve ce qui fonctionne sur lui. L’idéal, c’est d’anticiper, d’essayer de se connaître soi-même en amont pour adopter la méthode qui fonctionne avant ou le jour de l’examen.

Si ces mesures ne sont pas suffisantes, la psychothérapie est préconisée : les thérapies comportementales et cognitives (dont l’objectif est d’apprendre des outils pour gérer le stress au moment de l’examen) ou les psychothérapies de soutien interpersonnelles (visant à rechercher les causes du stress : manque de confiance, pression familiale…).

Quelle est la place des médicaments ?

Les médicaments sont à envisager en dernier recours. Les bêtabloquants – qui diminuent les signes périphériques de l’anxiété (agissant notamment sur le rythme cardiaque) – peuvent être prescrits ponctuellement pour une prise le jour J, en cas d’un long examen oral par exemple, bien sûr en l’absence de contre-indication cardiaque. Les benzodiazépines sont à réserver à des cas très exceptionnels, à cause de leurs effets indésirables ; elles sont déconseillées lors des révisions car, en raison de leur action sédative, elles entraînent une baisse de concentration. Si la personne souffre de troubles anxieux de façon générale, on peut envisager des antidépresseurs sur une cure longue.

Et les plantes ?

Les compléments à base de plantes (type Euphytose) n’ont jamais montré la preuve de leur efficacité contre placebo, mais ils peuvent avoir un effet placebo significatif, surtout s’ils sont donnés par une personne de confiance, apaisante. Il ne faut donc pas s’en priver ! D’autant plus que l’effet placebo est particulièrement important chez l’enfant et l’adolescent.

Pour en savoir plus

Benarous X, Consoli A, Cohen D. Quelle prescription d’antidépresseurs chez l’enfant ?  Rev Prat 2020;70(5);496-500.
Woestelandt L, Novo A. Anxiété et trouble panique de l’enfant.  Rev Prat Med Gen 2020;34(1038);229-30.
Corfdir C, Pelissolo A. Bon usage des traitements médicamenteux dans les troubles anxieux.  Rev Prat 2019;69(9);981-4.

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