Une étude s’est penchée sur le lien potentiel entre la pratique des tatouages et le risque de mélanome cutané, dont l’incidence a fortement augmenté au cours des trois dernières décennies.En France, près de 17 % de la population serait tatouée et 20 % en Suède. La toxicité des encres de tatouage a été pointée du doigt en raison de la présence de composés potentiellement cancérigènes (hydrocarbures aromatiques polycycliques, amines aromatiques, métaux lourds…) : depuis janvier 2022, l’Union européenne impose des limites de concentrations pour 4 000 produits chimiques entrant dans la composition des encres de tatouage. Une équipe de chercheurs s’est intéressée à l’existence d’une éventuelle association entre le fait d’être tatoué et le risque de développer un mélanome, avant l’entrée en vigueur de cette nouvelle réglementation.Une étude cas-témoins populationnelle a été menée sur 2 880 patients porteurs de mélanome, âgés de 20 à 60 ans au moment du diagnostic en 2017 (année de référence), issus du Registre national du cancer suédois. Chaque cas a été apparié, de manière aléatoire, avec trois témoins d’âge et de sexe comparables, sélectionnés dans le registre de la population totale.Vingt-deux % des cas étaient tatoués avant la date de référence, contre 20 % des témoins. La présence/absence de tatouage et les facteurs confondants potentiels ont été recueillis auprès des participants entre février et avril 2021.Les résultats de l’étude, publiés en novembre 2025 dans le European Journal of Epidemiology, révèlent que les patients tatoués avaient un risque ajusté de mélanome supérieur à celui des nont-atoués. Des analyses de sensibilité ont montré une augmentation du risque avec le laps de temps écoulé entre le premier tatouage et la date de référence. Par ailleurs, des analyses par sous-groupe, selon le type de mélanome, ont indiqué que les patients tatoués présentaient un sur-risque pour certains types de mélanome : mélanome superficiel extensif et nævus mélanocytaire atypique.Les tatouages pourraient donc représenter un facteur de risque pour le mélanome.