C’est paru dans le Lancet : une étude menée au Chili montre pour la première fois qu’une législation alimentaire nationale agissant sur l’environnement de l’enfant – logos nutritionnels, encadrement des publicités, etc. – peut réduire le surpoids et l’obésité chez les 4 à 6 ans.

Le Chili, où 50,9 % des écoliers de moins de 14 ans présentaient un excès pondéral en 2023, a instauré en 2016 une loi alimentaire pionnière (« Food Labelling and Advertising Law » ou FLAL) qui combine un étiquetage nutritionnel visible, des restrictions publicitaires et un encadrement des ventes en milieu scolaire pour les produits riches en sucres, graisses saturées et/ou sodium. Une étude a été menée pour en évaluer les effets.

Cette étude de cohorte se fonde sur les données administratives nationales du Conseil national d’aide scolaire et des bourses du Chili, couvrant 321 597 enfants âgés de 4 à 6 ans, issus d’écoles publiques et subventionnées, entre 2012 et 2017. Les cohortes non exposées (2012 - 2013) ont été comparées aux cohortes exposées à la phase 1 de la loi sur l’étiquetage alimentaire FLAL (2014 - 2015). Le critère de jugement principal était la prévalence de l’excès pondéral (surpoids ou obésité).

Les résultats, parus dans le Lancet en juin 20261, révèlent que l’exposition à cette loi a entraîné une réduction statistique et cliniquement significative de la probabilité d’excès pondéral. Après 18 mois d’exposition, en maternelle et première année de primaire, les filles présentaient une diminution de 2,85 % (IC95 % : - 4,07 à - 1,63) et les garçons de 2,40 % (IC95 % : - 3,58 à - 1,22). Une réduction était déjà observable après 6 mois d’exposition (première année de primaire uniquement) : 1,91 % chez les filles (IC95 % : - 3,15 à - 0,68) et 2,24 % chez les garçons (IC95 % : - 3,45 à - 1,04).

Les effets étaient plus marqués chez les enfants dont les mères avaient un niveau d’éducation élevé (réduction de 3,59 % chez les filles et de 3,33 % chez les garçons, après 18 mois), ainsi que dans les écoles urbaines. En revanche, aucun effet significatif n’a été observé dans les zones rurales ni chez les enfants dont les mères n’avaient pas terminé le lycée, suggérant que les bénéfices de la FLAL ne sont pas uniformément distribués au sein de la population.

Une diminution a également été observée après 18 mois, à la fois chez les filles et les garçons, surtout chez les filles ayant un faible poids de naissance (< 2,5 kg).

Il faut cependant préciser que l’étude repose sur des mesures anthropométriques réalisées par le personnel scolaire, potentiellement moins précises qu’en milieu médical.

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